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Chapitre 57
Antimitotiques dans les pathologies de la surface oculaire

M. Cavaillé, E. Gabison

Modes d'actions
Mitomycine C
La mitomycine C (MMC) est un antibiotique de la famille des quinolones qui se lie de manière covalente à l'ADN. Cet agent alkylant produit par une bactérie, le Streptomyces caespitosus , inhibe la synthèse d'ADN et la prolifération cellulaire, et à forte concentration, il bloque la synthèse d'ARN et des protéines [1].
5-fluorouracile
Le 5-fluorouracile (5-FU) est un médicament appartenant à la classe des antimétabolites. Analogue de la pyrimidine, il est métabolisé dans la cellule comme les nucléotides endogènes et transformé en métabolites cytotoxiques qui seront incorporés dans l'ADN et l'ARN. Il inhibe ainsi la synthèse d'ADN et empêche également la transcription d'ARN, induisant l'arrêt du cycle et l'apoptose cellulaire [2].
Antimitotiques et pathologies tumorales de la surface oculaire
Antimitotiques et ptérygion
Le ptérygion est une tumeur bénigne fibrovasculaire du limbe conjonctivo-cornéen qui empiète progressivement sur la cornée pour envahir ses couches superficielles. Sa physiopathologie est associée à l'exposition aux UV et, pour certains, à la présence du papillomavirus humain [3]. Son invasivité est liée à la présence de myofibroblastes et de cellules vasculaires endothéliales activées [4].
Mitomycine C
La MMC a été utilisée initialement en instillation topique après l'exérèse du ptérygion puis en application unique peropératoire au niveau de la zone de résection [5]. Mais le premier mode de traitement a été progressivement abandonné au profit du second à cause d'effets secondaires à type de retard de cicatrisation et de toxicité endothéliale cornéenne [6]. Les patients doivent être étroitement surveillés à la recherche d'une ischémie du site opératoire, principal facteur d'échec de la cicatrisation épithéliale et d'ulcération cornéenne. Les pathologies prédisposantes à ce type de complications, telles que le syndrome de Gougerot-Sjögren, les formes sévères de kératoconjonctivite sèche, de kératite neurotrophique ou de kératite herpétique, sont des contre-indications à la MMC. À titre préventif, il est recommandé de ne pas laisser la sclère à nu après l'application peropératoire de MMC.
Une autogreffe conjonctivale ou conjonctivo-limbique est réalisée systématiquement en fin d'intervention. Cette association semble efficace pour diminuer le risque de récidive [7-8-9-10-11], mais une étude réalisée en Arabie Saoudite ne retrouve pas de différence significative lors de la réalisation d'une autogreffe conjonctivale avec application peropératoire d'une minute de MMC à 0,02 %, et la réalisation d'une autogreffe conjonctivale seule, ce qui indique une certaine variabilité dans les pratiques et les résultats chirurgicaux [12]. Un protocole pour une posologie et un calendrier optimaux n'a pas encore été établi en raison des différences entre les populations étudiées et la puissance des résultats des études individuelles.
En cas d'utilisation de MMC associée à l'autogreffe conjonctivale, l'excision des fibres sclérales superficielles et la cautérisation excessive peropératoire doivent être évitées, car elles potentialisent les complications de la MMC que sont l'ischémie et les ulcères scléraux. De véritables sclérites nécrosantes peuvent survenir dans les suites immédiates de la chirurgie de ptérygion, ou même des années après, favorisées par la MMC [13 , 14].
5-fluorouracile
Le 5-FU à la dose de 25 mg/ml a été utilisé en application unique peropératoire, comme la MMC, avec des résultats mitigés. Les chirurgies laissant la sclère à nu donnaient des résultats meilleurs en cas d'utilisation de MMC, alors que l'issue de celles associant une autogreffe conjonctivale était comparable avec le 5-FU ou la MMC [5 , 15]. Des investigations ont démontré que l'injection hebdomadaire de 0,1 à 0,2 ml (2,5-5 mg) de 5-FU dans le ptérygion au niveau de sa tête réduisait l'inflammation et le faisait régresser. Deux injections à une semaine d'intervalle de 5 mg de 5-FU se sont aussi avérées plus efficaces qu'une injection unique de 30 mg de triamcinolone 20 mg. L'injection de 5-FU s'est montrée sûre et efficace pour améliorer l'aspect esthétique, arrêter la progression et, quelquefois, permettre la régression d'un ptérygion récidivant, diminuer les rougeurs conjonctivales et la sécheresse oculaire. En revanche, il n'y avait pas d'effet significatif sur l'astigmatisme [6 , 16-17-18-19-20].
Antimitotiques et pathologies précancéreuses de la surface oculaire
L'avènement de la chimiothérapie topique au moyen de collyres au cours des années 2000 a amélioré radicalement le pronostic des néoplasies de la surface oculaire. Il existe actuellement deux principales indications.
Dysplasies épidermoïdes avec atypies modérées et carcinomes épidermoïdes in situ
Un traitement adjuvant est requis en cas de reliquat tumoral micro- ou macroscopique après exérèse incomplète. Les antimitotiques peuvent également être utilisés en préopératoire pour diminuer la taille de lésions très larges, ou après chirurgie lorsque les limites d'exérèse n'ont pas atteint les zones saines [21 , 22]. Le seul traitement des carcinomes in situ de la surface oculaire a longtemps été l'excision chirurgicale complète et large suivie d'une cryothérapie.
Les traitements antimitotiques topiques représentent aujourd'hui une alternative efficace à la chirurgie. Ils peuvent être administrés en première intention, principalement lors des récidives, ou lorsque les lésions sont d'emblée très étendues. Le collyre de mitomycine dosée à 0,04 % est la chimiothérapie topique la plus couramment employée. De nombreuses publications attestent de son efficacité [23]. Le collyre de 5-FU est dosé à 1 %, avec des protocoles, là aussi, très variables en fonction des équipes : une goutte 4 fois par jour en cycles de 4 à 8 jours par mois, ou, pour certains auteurs, en cycles d'un mois de traitement suivi de 1 à 3 mois sans traitement, les cycles étant répétés jusqu'à rémission complète [24]. La résolution des lésions est plus rapide avec la mitomycine, mais c'est aussi le médicament qui a le plus d'effets indésirables [25].
Mélanose primitive acquise (ou mélanose de Reese)
Un traitement adjuvant est requis. Ces collyres ne sont en aucun cas efficaces sur une composante invasive (mélanome ou carcinome épidermoïde invasif) qui nécessite une exérèse complète suivie d'une irradiation du lit tumoral pour éradiquer les cellules résiduelles. En cas de lésions étendues et surtout évolutives, on privilégiera la réalisation de biopsies (éventuellement multiples) associées à une chimiothérapie topique en post-exérèse, une fois la mélanose confirmée en histologie et selon le degré d'atypies observé. En cas de mélanome conjonctival associé, après exérèse chirurgicale complète, on traite d'abord le lit d'exérèse du mélanome par une irradiation complémentaire pour éviter une rechute précoce (par protonthérapie pour les lésions situées sur la conjonctive bulbaire, pour les centres y ayant accès), puis on prescrit dans un deuxième temps le collyre cytostatique pour traiter la mélanose associée et éviter l'apparition ultérieure de nouveaux mélanomes [26].
Ces chimiothérapies topiques présentent l'avantage de traiter l'ensemble de la conjonctive, y compris les zones d'infiltrations mélanocytaires intra-épithéliales achromes non visibles cliniquement. Elles représentent donc une bonne alternative à l'exérèse chirurgicale ou à la cryoapplication en cas de mélanose primitive acquise avec atypies avec atteinte diffuse ou multifocale. En revanche, elles sont inefficaces sur un mélanome invasif, même débutant, car celui-ci va se développer vers le chorion dans l'espace sous-épithélial, où la pénétration du collyre est insuffisante. Le médicament le plus utilisé dans ce contexte est la MMC. Les séries publiées avec différents protocoles montrent une diminution ou une disparition complète de la pigmentation conjonctivale [27 , 28]. Le protocole recommandé dans notre pratique actuelle est la MMC dosée à 0,04 %, 4 fois par jour, en deux cycles de 15 jours séparés de 15 jours. Des récidives avec réapparition d'une pigmentation conjonctivale évolutive peuvent cependant être constatées quelques années après le traitement.
L'inconfort oculaire, la rougeur conjonctivale et palpébrale sont les principaux effets secondaires identifiés en dehors des réactions d'hypersensibilité. Des cas de défects épithéliaux, de fonte stromale et de toxicité endothéliale de la cornée ont été rapportés [23]. Mais la iatrogénie sur l'endothélium peut être évitée si les posologies et les précautions d'administration sont respectées [6 , 22 , 29] (tableau 57-1
Tableau 57-1
Utilisation des antimitotiques dans les pathologies de la surface oculaire.
5-fluorouracile (5-FU)
Ptérygion : injection hebdomadaire intralésionnelle de 2,5 à 5 mg de 5-FU
Carcinomes in situ de la surface oculaire : application topique de 5-FU à 1 % par cycles de 2 semaines
Mitomycine C (MMC)
Trabéculectomie : application peropératoire de MMC 0,02-0,04 mg/ml (0,02 à 0,04 %) pendant 2 à 5 minutes
Ptérygion : application peropératoire de MMC C 0,02-0,04 mg/ml (0,02 à 0,04 %) pendant 30 à 120 secondes
Photokératectomie réfractive ou thérapeutique : application de MMC 0,02 % pendant 12 à 120 secondes
Carcinomes in situ de la surface oculaire : application topique de MMC à 0,02 % par cycles d'une semaine
). Les effets indésirables à long terme sur l'homéostasie de la surface oculaire sont cependant probablement sous-estimés au regard de la grande efficacité de ces thérapeutiques.
Antimitotiques et fibrose cornéenne
Traitement du haze et des pathologies fibreuses et dystrophiques du stroma cornéen
Certaines pathologies cornéennes se caractérisent par une fibrose qui altère la vision. C'est le cas du haze qui est une réaction inflammatoire stromale antérieure compliquant certaines photokératectomies réfractives (PKR) au laser Excimer, en général dans le mois qui suit. Le haze peut ne pas régresser et se transformer en cicatrice fibreuse. La réaction fibreuse est la conséquence d'une activation des kératocytes du stroma antérieur en myofibroblastes. Ces myofibroblastes ont des propriétés de prolifération et de synthèse de matrice extracellulaire opaque accrues à l'origine d'une perte de la transparence cornéenne. La MMC prévient la transformation des kératocytes en myofibroblastes et diminue la réponse fibreuse du stroma cornéen [1 , 17 , 18].
Les pathologies couramment traitées par photokératectomie thérapeutique (PKT) comprennent la dystrophie de Reis-Bücklers, la dystrophie granulaire (fig. 57-1
Fig. 57-1
Récidive d'une dystrophie granulaire type 1 après photokératectomie thérapeutique et mitomycine C.
a. Préopératoire. d–e. La cornée est claire jusqu'à 4 mois postopératoires (b, J4; c, M4; d, M14; e, M24). On constate une récidive dès 14 mois.
), la dystrophie maculaire, la dégénérescence nodulaire de Salzmann, les nodules du kératocône et les cicatrices stromales antérieures [30]. La PKT seule est associée à un risque de récidive de 47 % des yeux atteints de dystrophie de Reis-Bücklers, de 23 % des yeux atteints de dystrophie cornéenne granulaire, de 14 % des yeux atteints de dystrophie de grillagée, de 14 % des yeux atteints de dystrophie cornéenne maculaire et de 15 % des yeux avec dégénérescence nodulaire de Salzmann [31 , 32]. En raison de la fréquente récidive de ces pathologies cornéennes, la PKT avec l'utilisation supplémentaire de MMC a été utilisée.
Une micro-éponge imbibée de MMC à 0,02 % est appliquée à la fin de l'intervention pour une durée de 12 à 120 secondes. La durée de contact dépend théoriquement de l'importance du tissu à retirer, mais des études expérimentales ont démontré que les applications courtes sont aussi efficaces que les longues [19-20-21]. Un rinçage cornéen abondant avec une solution saline de type BSS est enfin nécessaire.
Complications du volet de LASIK
Les complications du LASIK à type de volet incomplet ou perforé ( button hole ), le traumatisme du volet, et d'invasion épithéliale sont à l'origine de fibrose secondaire à l'interface épithélium-stroma [33]. Lors du traitement de ces complications, l'application peropératoire de MMC peut prévenir ou diminuer la fibrose postopératoire. Dans le cas où la correction de l'amétropie doit être réalisée, la MMC est appliquée après le traitement de surface en mode PKR par-dessus le volet [33-34-35-36].
L'invasion épithéliale est une complication rare de la chirurgie LASIK dans laquelle les cellules épithéliales prolifèrent entre le capot de LASIK et le lit stromal sous-jacent [37]. Wilde et al. [38] ont rapporté des résultats encourageants lors de l'utilisation de MMC dans des cas d'invasion épithéliale récalcitrante post-LASIK. Quatre yeux ont été traités avec de l'alcool à 70 % suivi de 0,02 % de MMC, à la fois sur le lit stromal et sur le capot, après débridement mécanique des cellules épithéliales. Le volet a ensuite été fixé à l'aide de colle de fibrine. Pour tous les yeux, l'acuité visuelle s'est améliorée et aucune récidive n'a été observée [38]. Taneri et al. ont rapporté un cas de LASIK perforé qui a développé une invasion épithéliale. Dans ce cas, la PKT a été réalisée avec application de 0,02 % de MMC sur le stroma cornéen pendant 1 minute. Après le traitement, aucune récidive n'a été observée [39]. Dans un autre cas, une invasion épithéliale grave post-LASIK a été traitée par amputation du capot de LASIK suivie d'une PKT et de MMC à 0,02 % pendant 2 minutes. Dans ce cas, l'acuité visuelle globale s'est améliorée et aucune complication n'a été observée [40]. Dans tous ces rapports, il n'est pas clair dans quelle mesure la MMC a évité la récidive de l'invasion épithéliale, mais elle a très probablement diminué le haze cornéen ou les fibroses ultérieures.
Prévention du haze après photokératectomie réfractive
La MMC est également utilisée en prévention primaire du haze après PKR pour les myopies fortes ou les retraitements. L'usage de cet antimitotique est controversé et nécessite un consentement éclairé du patient. Si certains chirurgiens recourent systématiquement à la MMC lors des traitements laser de surface, d'autres la réservent aux photoablations de plus de 70 μm (myopies supérieures à 5 D). Une méta-analyse récente de 3536 yeux a démontré que la MMC aide à réduire le haze post-PKR à apparition précoce et tardive. Quelques-uns, minoritaires, mettent en avant une incertitude concernant la sécurité à long terme de cet agent alkylant, et limitent son utilisation à la prévention secondaire des fibroses cornéennes. Ils s'appuient sur des études en laboratoire montrant une diminution importante de la densité des kératocytes du stroma antérieur, qui peut parfois même être dépourvu de cellules en certains endroits, pendant de nombreux mois ou années après l'application de MMC [41 , 42].
Des études semblent indiquer que l'utilisation de MMC à 0,02 % permet de diminuer le risque de régression après correction d'une forte myopie par PKR associée à l'utilisation de MMC [44-45-46]. Les études à long terme montrent le plus souvent aussi des résultats réfractifs similaires entre les groupes traités et non traités. Le risque tardif de baisse de la densité cellulaire endothéliale et la faible incidence du haze chez les patients traités en PKR ne poussent pas à légitimer la prophylaxie primaire systématique pour de petites amétropies [29 , 34 , 47-48-49]; ce point reste néanmoins toujours discuté.
Traitement de l'invasion épithéliale de chambre antérieure
L'invasion épithéliale de chambre antérieure est une complication d'un traumatisme oculaire ou d'une intervention chirurgicale dans laquelle les cellules épithéliales pénètrent dans la chambre antérieure et prolifèrent sur le tissu intraoculaire [50]. La plupart des cas d'invasion épithéliale intracamérulaire surviennent après un traumatisme ou une chirurgie intraoculaire telle qu'une phacoémulsification, une kératoplastie pénétrante ou une kératoplastie lamellaire [51-52-53]. De rares cas ont été rapportés après une ponction de chambre antérieure ou l'ablation d'un ptérygion [50]. Un cas sévère après trabéculectomie a été également été rapporté [54]. Une revue de la littérature sur 30 ans de publications d'invasion épithéliale de chambre antérieure a constaté que 82 % des cas se présentaient dans l'année suivant la chirurgie intraoculaire [50].
Plusieurs rapports ont noté une utilisation réussie de 5-FU en injection intracamérulaire [55-56-57-58-59]. La MMC a été utilisée pour traiter une invasion épithéliale kystique de chambre antérieure après chirurgie de la cataracte [60]. Ce liquide kystique de la croissance épithéliale a été aspiré, puis une solution de 0,0002 mg/ml de MMC a été injectée dans la lésion et laissée là pendant 5 minutes; après quoi, la MMC a été éliminée du kyste avec une solution saline de type BSS. La taille du kyste a diminué et la vision s'est améliorée, mais les auteurs ont noté que cette procédure devait être réalisée avec beaucoup de prudence en raison des complications à haut risque si la MMC s'infiltrait dans la chambre antérieure.
Autres applications de la mitomycine C dans les maladies oculaires
Il a été démontré que l'utilisation de la MMC augmente le taux de réussite des chirurgies filtrantes pour le traitement du glaucome. Elle est actuellement utilisée dans les trabéculectomies, les sclérectomies profondes non perforantes, le needling et dans certaines chirurgies micro-invasives du glaucome aboutissant à une bulle de filtration [61]. La MMC à 0,02 % s'est également révélée utile lors de la réalisation d'une dacryocystorhinostomie, car elle peut empêcher le développement de tissu cicatriciel en diminuant la contraction et la migration des fibroblastes qui se produisent en réponse à une blessure. De plus, elle semble réduire le taux de fermeture des ostéotomies [62 , 63]. Dans le cas de la chirurgie du strabisme, la MMC semble diminuer la formation d'adhérences postopératoires [64 , 65].
Points forts
  • L'antimitotique de type MMC est assez largement utilisé en applications localisées pour guider la cicatrisation cornéenne dans certaines situations bien définies.
  • L'objectif des antimitotiques est de limiter la transformation des kératocytes en fibroblastes générateurs de fibroses délétères.
  • Les principales indications cornéennes concernent la prévention du haze pour le laser Excimer de surface, la prise en charge des complications postopératoires de la chirurgie laser cornéenne, et celle de certaines tumeurs non invasives de la surface oculaire.
  • Le protocole d'utilisation doit rester strictement rigoureux, concernant la dilution, le temps d'application et le rinçage. La préparation est non commerciale.
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