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Chapitre 61
Neurotisation cornéenne

E. Koestel, N. Bouheraoua, T. Bourcier

Kératite neurotrophique
L'innervation sensitive de la cornée est indispensable au maintien de la transparence cornéenne et à l'intégrité de l'épithélium cornéen. Elle revêt des fonctions trophiques, par la sécrétion de facteurs de croissance ( nerve growth factor [NGF]), de peptides comme la substance P ou le calcitonin-gene related peptide , et est impliquée dans le réflexe de clignement et la sécrétion lacrymale. L'innervation cornéenne provient de la 5 e paire crânienne, le nerf trijumeau, par sa branche ophtalmique V1 (branche nasociliaire).
La prévalence rapportée de la kératite neurotrophique (KNT) est de 1,6 à 11/10000 [1 , 2]. Elle peut être congénitale ou acquise. La cause la plus fréquente est l'atteinte herpétique ( herpes simplex virus [HSV] ou varicella-zoster virus [VZV]) dans le territoire du V1. Les autres causes fréquentes sont : les brûlures chimiques de la surface oculaire, les traumatismes orbitaires, le diabète, les tumeurs intracrâniennes et les atteintes iatrogènes chirurgicales (neurochirurgie, avec notamment les résections de neurinomes de l'acoustique, et chirurgie ophtalmologique, cornéenne ou vitréorétinienne) [3].
La KNT comporte trois stades de sévérité croissante (classification de Mackie) :
  • kératite ponctuée superficielle (KPS) centrale d'intensité variable, prise de colorant vital (fluorescéine ou vert de lissamine) au niveau de la conjonctive tarsale inférieure, raccourcissement du break-up time (BUT);
  • défect épithélial centrocornéen ovalaire à grand axe horizontal, bords ourlés et mal adhérents;
  • fonte stromale.
À tous les stades, il existe une hypo- ou une anesthésie cornéenne et des altérations de l'innervation cornéenne visibles en microscopie confocale in vivo (MCIV). Les complications sévères de la KNT sont la perforation cornéenne ou la surinfection par un agent pathogène. La KNT peut entraîner des cicatrices cornéennes et une néovascularisation qui vont, par la perte de transparence et l'irrégularité de surface qu'elles engendrent, grever le pronostic visuel [2].
La stratégie de prise en charge dépend du stade évolutif de la maladie. Différentes thérapeutiques médicales ou chirurgicales peuvent être mises en œuvre (tableau 61-1
Tableau 61-1
Traitements médicaux et chirurgicaux de la kératite neurotrophique (adapté d'après [4]).
Traitements médicauxTraitements chirurgicaux
  • − Arrêt des collyres épithéliotoxiques (AINS, anti-infectieux, bêta-bloquants, conservateurs) et des traitements systémiques pourvoyeurs de sécheresse oculaire
  • − Sevrage tabagique, éviter les cosmétiques périoculaires
  • − Substitution lacrymale, sans conservateurs
  • − Traitement de la blépharite associée (soins des paupières, antibiotiques locaux ou systémiques)
  • − Bouchons méatiques en cas de déficit aqueux sévère
  • − Occlusion nocturne en cas de lagophtalmie (paralysie faciale pouvant être associée)
  • − Lentilles sclérales
  • − Collyre au sérum autologue 20 %
  • − Collyre au plasma enrichi en plaquettes
  • − Inhibiteurs des métalloprotéinases de la matrice extracellulaire par voie générale (tétracyclines, macrolides)
  • − Collyre au NGF recombinant humain (cenegermin 20 μg/ml, Oxervate®) – indisponible en France actuellement
  • − Collyre à l'Insuline, en cours d'évaluation
  • − Débridement et mise à plat des bords de l'ulcère
  • − Greffe de membrane amniotique en inlay, en overlay ou en multicouches
  • − Tarsorraphie (en cas de paralysie faciale associée) ou insertion intrapalpébrale de poids ou injection de toxine botulique A dans le muscle releveur de la paupière supérieure
  • − En cas de perforation cornéenne de petite taille (< 2 mm) : colle synthétique (cyanoacrylate) ou biologique (fibrine) seule ou conjointement à une greffe de membrane amniotique.
  • − Au-delà de 2 mm : greffe de cornée thérapeutique perforante ou lamellaire
  • − Recouvrement conjonctival partiel ou total
  • − Neurotisation cornéenne
) [4]. À l'exception de la neurotisation cornéenne (NC), toutes ces mesures ne sont que palliatives et aucune ne permet la repousse durable de l'innervation cornéenne.
Neurotisation cornéenne
Les techniques de neurotisation sont utilisées depuis de nombreuses années dans d'autres disciplines chirurgicales (ORL, orthopédie) pour reconstruire une innervation sensitive ou motrice défaillante (lésions traumatiques de plexus brachial, des membres, certaines paralysies faciales). La première description de neurotisation cornéenne date de 1972, par Samii [5], avec l'interposition d'un nerf sural entre le nerf grand occipital et le V1. La technique décrite impliquait une craniotomie frontale, et un temps opératoire long. En 2009, Terzis et al. ont décrit le transfert direct des nerfs supraorbitaires (NSO) et supratrochléaires (NST) controlatéraux chez 6 patients aux cornées dénervées, sans nécessité de craniotomie [6]. Depuis, plusieurs équipes ont rapporté leurs techniques chirurgicales, avec des avancées en matière de chirurgie mini-invasive et de temps opératoire.
On distingue deux types de techniques : directes (transposition d'un nerf sain) ou indirectes (interposition d'un greffon nerveux sain). La figure 61-1
Fig. 61-1
Principales techniques de neurotisation cornéenne décrites en 2025.
En pointillés rouges, sites d'incision; en noir hachuré, cornée neurotrophique; en vert, nerfs donneurs; en jaune, autogreffe (a, nerf sural; b, nerf cutané latéral de l'avant-bras; c, nerf grand auriculaire) avec en grisé leur territoire sensitif cutané; en bleu trajet des transferts direct des nerfs donneurs; d, neurotisations indirectes. NIO : nerf infraorbitaire; NSO : nerf supraorbitaire; NST : nerf supratrochléaire.
Source : dessin de Cyrille Martinet.
illustre les principales techniques décrites en 2025.
Techniques directes
Transfert direct, chirurgie ouverte
Terzis et al. ont été les premiers à décrire une technique ouverte de dissection et d'isolement des NSO et NST controlatéraux à la cornée neurotrophique par le biais d'une incision bicoronale. Une section distale des nerfs individualisés était ensuite pratiquée, puis le segment était tunnélisé à travers l'arête nasale et extériorisé par une incision au niveau du pli palpébral supérieur homolatéral à la cornée affectée. Les faisceaux nerveux préalablement séparés étaient ensuite acheminés via le fornix supérieur, placés dans l'espace sous-ténonien autour du limbe et suturés à l'aide de Nylon 10-0 [6]. Jacinto et al. ont décrit en 2016 une version modifiée de cette technique, utilisant une branche du NSO homolatéral [7].
Transfert direct, mini-invasif et endoscopique
Pour limiter la taille des incisions et ainsi le temps de cicatrisation, des approches endoscopiques mini-invasives ont par la suite été développées. Pour les transferts de nerfs controlatéraux, deux incisions d'un centimètre au niveau du scalp sont réalisées, avec une dissection le long du plan sous-périosté à l'aide d'un endoscope, jusqu'à atteindre le rebord orbitaire supérieur [8]. Une incision au niveau du pli palpébral supérieur est ensuite réalisée, permettant la visualisation du NSO à sa sortie au rebord orbitaire supérieur. Pour les transferts homolatéraux, l'incision palpébrale supérieure suffit à l'individualisation du NSO. Il est par la suite sectionné, et son extrémité libre amenée au limbe.
Techniques indirectes
Avec interposition d'un greffon nerveux autologue
L'interposition d'un greffon nerveux autologue entre le nerf donneur et la cornée atteinte a été utilisée avec succès par plusieurs auteurs. Les nerfs prélevés incluent le nerf sural, le nerf grand auriculaire et le nerf cutané latéral de l'avant-bras [9-10-11-12-13-14]. Le plus souvent, le NST controlatéral est disséqué via une incision sous-sourcilière ou au niveau du pli palpébral supérieur. Les NSO ou infraorbitaire (NIO) peuvent également être utilisés. Les différents types d'anastomoses possibles sont dits « end-to-end» (ETE), « end-to-side» (ETS) ou encore « side-to-side» (STS). Si le nerf donneur est de petit diamètre, une anastomose ETE peut être utilisée entre le nerf donneur et l'autogreffe. Dans le cas d'une incompatibilité de taille, une fenêtre est réalisée dans l'épinèvre du nerf donneur pour pratiquer une anastomose ETS. Les faisceaux de l'autogreffe sont ensuite séparés après ouverture du périnèvre, puis disposés autour du limbe sclérocornéen.
Avec interposition d'une allogreffe nerveuse acellulaire
Leyngold et al. et Sweeney et al. ont décrit des techniques de neurotisation cornéenne utilisant des allogreffes nerveuses acellulaires comme substitut à l'autogreffe [15 , 16]. Ces greffons nerveux proviennent de donneurs décédés. L'épinèvre de l'allogreffe est ouvert et disséqué comme pour les autogreffes, ses faisceaux séparés, et répartis autour du limbe.
Choix de l'approche chirurgicale
Le choix de l'approche chirurgicale dépend des habitudes des équipes, ainsi que des spécialités chirurgicales co-impliquées avec l'ophtalmologiste (ORL, chirurgiens orthopédistes, neurochirurgiens, etc.). La sélection du greffon nécessite une évaluation préopératoire et peropératoire. Les critères à prendre en compte sont la viabilité du nerf donneur ( testing de la sensibilité dans le territoire sensitif), sa proximité avec la cornée atteinte, sa longueur et son diamètre, qui conditionnent la compatibilité éventuelle avec un greffon d'interposition pour les neurotisations indirectes.
Le testing sensitif préopératoire doit inclure le NSO (partie latérale du front, partie antérieure du cuir chevelu, paupière supérieure, conjonctive tarsale supérieure), le NST (portion médiane du front, paupière supérieure) et le NIO (joue, lèvre supérieure, ailes du nez, gencive et dentition supérieures). Quand cela est possible, il est préférable d'utiliser un nerf donneur homolatéral à la cornée affectée, du fait de la distance moindre avec cette dernière [2]. Il est cependant nécessaire de prendre en compte l'étiologie de la KNT dans ce choix. En effet, une atteinte centrale ou proximale de la 5 e paire crânienne va impliquer également les NSO, NST et NIO homolatéraux, classiquement utilisés, et imposer l'utilisation d'un nerf controlatéral.
Ensuite, pour les neurotisations indirectes, une bonne concordance entre le diamètre du greffon et celui du nerf donneur est nécessaire à l'anastomose. Un greffon d'interposition doit être suffisamment long pour permettre une anastomose sans tension [2]. Le NSO et le NIO ont des diamètres similaires (environ 6000 axones) [2]. Le NST est plus petit (environ 2500 axones) [2]. La difficulté de dissection est également à prendre en compte. Individualiser le NIO nécessite une orbitotomie inférieure, avec une ostéotomie et l'ouverture du canal infraorbitaire. De plus, sa section n'est pas recommandée, du fait des risques de perte de sensibilité de la muqueuse orale. Une anastomose ETS avec un greffon d'interposition est donc plus fréquemment pratiquée [15].
Il existe des variantes dans la technique de suture des faisceaux nerveux au limbe. Certains auteurs utilisent du Nylon 10-0, tandis que d'autres utilisent de la colle de fibrine. Un enveloppement des faisceaux nerveux à l'aide de membrane amniotique a également été décrit, supposé diminuer l'inflammation et la fibrose cicatricielle, ainsi que le risque de régénération nerveuse aberrante et de névromes. La réalisation d'un tunnel sclérocornéen a aussi été décrite [10 , 11 , 17].
Si les autogreffes nerveuses sont le gold standard dans la réparation des déficits nerveux, les allogreffes nerveuses acellulaires sont d'utilisation de plus en plus répandue [18]. Dans la neurotisation cornéenne (NC), les allogreffes, provenant de cadavres, permettent un site chirurgical unique, contrairement au prélèvement d'une autogreffe sur le patient, et réduisent donc les temps opératoires et le nombre de chirurgiens impliqués. Néanmoins, elles présentent un coût, évalué aux États-Unis entre 3000 et 5000 dollars [18].
Enfin, les antécédents chirurgicaux ophtalmologiques du patient sont également à prendre en compte. Une fibrose conjonctivale importante, la présence d'un site de trabéculectomie ou d'une valve de drainage de l'humeur aqueuse peuvent amener à modifier l'approche chirurgicale. En effet, en cas de fibrose importante de la conjonctive supérieure et du fornix, l'utilisation du NIO peut représenter une alternative préférable aux NSO et NST [18].
Résultats
Épithélium cornéen
Les neurotisations directes et indirectes ont montré leur efficacité dans la récupération des altérations épithéliales cornéennes [18 , 19]. Sur l'échelle de Mackie, une amélioration statistiquement significative d'un grade 2,46 ± 0,77 à un grade 0,86 ± 0,79 a été retrouvée dans une méta-analyse récente par Swanson et al. [20]. Ces améliorations sont typiquement notées dans les 6 à 9 mois après la chirurgie [21-22-23]. Pour optimiser cette cicatrisation, il est important de poursuivre les traitements topiques lubrifiants et cicatrisants pendant la période postopératoire [22].
Sensibilité cornéenne
À la suite d'une neurotisation, l'amélioration de la sensibilité intervient en moyenne en 6 à 9 mois. Certains auteurs rapportent même une amélioration dès le premier mois postopératoire [2]. En ce qui concerne les allogreffes nerveuses, une étude multicentrique récente a rapporté des temps de récupération de sensibilité cornéenne similaires, avec un gain maximal à 6,6 mois [16]. L'esthésie cornéenne, mesurée par le test au filament de Cochet-Bonnet, est en moyenne améliorée de 38 mm, sans différence statistiquement significative entre les différentes techniques de NC. Une plus grande amélioration de l'esthésie cornéenne est notée dans les populations pédiatriques [23].
Réinnervation cornéenne
Des néoformations nerveuses stromales visibles en MCIV ont été rapportées 6 mois après la neurotisation par plusieurs équipes [11 , 24 , 25] (fig. 61-2
Fig. 61-2
Patiente de 15 ans ayant bénéficié d'une Micorne (mini-invasive corneal neurotization).
Aspects cliniques et imagerie confocale pré- et postopératoires. Préopératoire (a, b), 3 mois postopératoire (c, d), 9–12 mois postopératoire (e–h).
Source : E. Koestel et T. Bourcier.
). Une équipe rapporte même la visualisation de bourgeons nerveux dès 3 mois, approchant une densité nerveuse normale à 1 an [19]. Des résultats similaires sont retrouvés entre les deux techniques, directes et indirectes [19].
Le mécanisme derrière la réinnervation cornéenne soulève encore de nombreuses questions. Celle-ci est attribuée au processus de la dégénérescence wallérienne, régénération axonale qui survient à la suite d'un traumatisme nerveux, ici la section du nerf donneur. Après un traumatisme, la destruction axonale par le recrutement de macrophages va permettre la disparition rapide des axones et de la myéline endommagés. Il s'ensuit une migration de cellules de Schwann depuis l'extrémité viable du nerf sectionné, qui va entraîner la régénération d'axones vers les tissus cibles, ici la cornée. La suppression de l'inflammation par l'interleukine 10 et l'action neurotrophique du NGF sont essentielles à cette repousse nerveuse.
Néanmoins, deux théories s'affrontent : 1) le bourgeonnement direct de nerfs provenant du nerf donneur ou 2) la repousse nerveuse à partir de l'innervation cornéenne native, grâce au support neurotrophique fourni par la sécrétion paracrine des faisceaux nerveux greffés au limbe. L'argument principal en faveur de la deuxième théorie est l'absence de continuité retrouvée par une équipe, en histopathologie et en MCIV, entre les faisceaux nerveux greffés et la repousse cornéenne [25]. En faveur d'un bourgeonnement direct, on retrouve les sensations aberrantes ressenties par les patients dans le territoire du nerf donneur lors d'une stimulation cornéenne [17]. De plus, en magnétoencéphalographie, la stimulation de la cornée opérée engendre des réponses cérébrales dans les aires correspondantes aux nerfs controlatéraux, dans le cas d'un patient ayant bénéficié d'une neurotisation avec utilisation d'un nerf donneur controlatéral [22]. Enfin, chez le rat, le marquage des nerfs cornéens après neurotisation montre une origine commune avec le nerf donneur, suggérant une continuité entre les néoformations nerveuses et le nerf donneur [26]. Un nombre important d'arguments sont donc en faveur d'un bourgeonnement direct, hypothèse prédominante à ce jour.
Récupération visuelle
Dans une méta-analyse récente, Park et al. rapportent une amélioration significative de l'acuité visuelle mesurée en échelle LogMAR de 1,254 à 0,85 [27]. Selon leur analyse, le principal facteur influençant l'acuité visuelle finale est l'acuité initiale. En effet, les patients présentant des cicatrices stromales profondes ne récupéreront pas une transparence cornéenne après NC. Dans ces cas-là, une greffe de cornée peut être envisagée dans un second temps, avec un délai recommandé d'un an après la NC [27 , 28]. L'amélioration de l'acuité visuelle est plus importante chez l'enfant, malgré une acuité initiale non significativement différente [23]. L'âge est donc un facteur primordial dans la récupération de la sensibilité cornéenne et dans la récupération visuelle, tout comme la durée de dénervation [29].
Effets secondaires
En postopératoire, la réinnervation de l'épithélium cornéen peut entraîner des douleurs et une sensation d'inconfort. Des sensations aberrantes au niveau du territoire de l'autogreffe ont également été rapportées lors de la stimulation cornéenne [15 , 17]. La perte de sensibilité dans le territoire de la prise de l'autogreffe ou du nerf donneur s'améliore avec le temps, et est rapportée comme tolérable [9 , 12 , 14]. Des paresthésies ou un prurit peuvent aussi survenir. Ces symptômes disparaissent en 3 à 6 mois, probablement du fait d'une réinnervation par des branches collatérales [2 , 18].
Conclusion
La neurotisation cornéenne (NC) est un traitement efficace de la kératite neurotrophique (KNT), palliant directement le défaut d'innervation cornéenne. Elle permet l'amélioration de l'acuité visuelle, de la sensibilité cornéenne et ainsi du quotidien des patients. Toutes les approches chirurgicales décrites ici ont montré leur efficacité dans la restauration de l'esthésie cornéenne. À ce jour, aucune n'a montré sa supériorité. Si la NC est aujourd'hui l'affaire d'un nombre très restreint d'équipes dans le monde, il paraît évident que les techniques les moins invasives, les plus simples à mettre en œuvre et les plus reproductibles ont le plus grand potentiel de diffusion auprès des chirurgiens ophtalmologistes. Les premières descriptions, nécessitant des craniotomies et des incisions cutanées bicoronales, ne sont déjà plus d'actualité. Des études comparatives multicentriques et un suivi au long cours des patients opérés permettront probablement de répondre aux questions restant en suspens.
Points forts
  • La kératite neurotrophique (KNT) est une pathologie cornéenne chronique dont l'évolution peut être émaillée de complications aiguës et pour laquelle les thérapeutiques traditionnelles ne sont que palliatives, ne traitant pas la source du problème, à savoir le défaut d'innervation sensitive de la cornée. De fait, le pronostic de la KNT est globalement mauvais.
  • La neurotisation cornéenne est une procédure chirurgicale dont l'essor est relativement récent et qui a pour objectif de reconstruire l'innervation sensitive de la cornée.
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