A. Daruich, M. Robert, S. Valleix, D. Brémond-Gignac
Vitréorétinopathie exsudative familiale
OMIM : 133780.
ORPHA : 891.
Introduction
Les vitréorétinopathies exsudatives familiales (VREF) désignent un groupe de maladies génétiques rares touchant à la fois le vitré et la rétine, dont la première entité a été décrite en 1969 par Criswick et Schepens [1]. Ces maladies sont caractérisées par une angiogenèse rétinienne anormale conduisant à une vascularisation incomplète de la rétine périphérique, associée à un dysfonctionnement de la barrière hématorétinienne interne. Plusieurs modes de transmission ont été décrits : le plus souvent autosomique dominant, mais aussi autosomique récessif et récessif lié à l'X [2].
Caractéristiques cliniques utiles pour le diagnostic
Âge d'apparition, circonstances de découverte
Les présentations cliniques des VREF sont extrêmement variables, ainsi que l'âge de présentation, allant de formes congénitales très sévères, jusqu'à la découverte fortuite de minimes zones avasculaires avec discret étirement des vaisseaux en périphérie rétinienne chez un adulte asymptomatique (examiné systématiquement dans le cadre du bilan d'un cas princeps par exemple). Enfin, la majorité des présentations se font pendant l'enfance, selon des modalités variables. Pour simplifier, on peut distinguer quatre situations distinctes en fonction de la présentation clinique.
La « maladie de Norrie » n'est qu'une forme clinique particulièrement sévère de VREF, de présentation très précoce, parfois néonatale. La description historique, par Heine et Norrie en 1920, est celle de pseudotumeurs congénitales de la rétine bilatérales – le rétinoblastome bilatéral fait effectivement partie des diagnostics différentiels – avec un mode de transmission visiblement lié à l'X [3]. Le décollement de rétine est pré- ou post-natal précoce, terminal, prenant généralement l'aspect d'une fibroplasie rétrolentale, masse blanchâtre accolée à la capsule postérieure du cristallin, chez un petit garçon, avec cécité congénitale au-delà de toute ressource thérapeutique. Sont aussi présents : dans environ un tiers à la moitié des cas, un retard de développement psychomoteur et, dans la majorité des cas, une surdité progressive.
Le « syndrome ostéoporose pseudo-gliome » est lui aussi une forme clinique sévère et syndromique de VREF, classiquement caractérisée par deux manifestations : ostéoporose précoce responsable de fractures pédiatriques suite à des traumatismes minimes d'une part, « pseudo-gliome » (c'est-à-dire pseudotumeur congénitale de la rétine, une présentation similaire à celle observée dans la maladie de Norrie) d'autre part. Plus rarement, un retard staturopondéral, une déficience intellectuelle et une hypotonie musculaire peuvent être présents. La présentation ophtalmologique peut en fait être moins sévère et se rapprocher d'une VREF classique.
La VREF « classique », qui se manifeste généralement par les conséquences maculaires de lésions vasculaires périphériques de la rétine (voir ci-dessous).
Enfin, la majorité des VREF classiques sont de transmission dominante ; l'expressivité est souvent très variable ; il n'est pas rare de découvrir chez un apparenté asymptomatique – ou lors de l'examen systématique d'un enfant ou d'un adulte sans antécédent notable – des lésions typiques en périphérie rétinienne. Les femmes conductrices sont généralement asymptomatiques, mais de rares cas avec des manifestations à type de pli rétinien, de décollement de la rétine ou d'anomalies vasculaires périphériques ont été décrits [4].
Psychophysique et électrophysiologie
Les altérations campimétriques et de la vision des couleurs dépendent de la présentation clinique ; la fonction de la rétine saine est normale à l'électrorétinogramme (ERG) global. Les altérations électrophysiologiques sont donc corrélées avec l'étendue des lésions.
Aspect ophtalmoscopique typique avec imagerie rétinienne
La présentation de la VREF dans sa forme classique est souvent pédiatrique. Elle peut être celle d'un pseudo-œdème papillaire, d'une ectopie maculaire (souvent responsable d'un angle lambda anormal), d'un « pli falciforme », d'une membrane épimaculaire, d'un décollement de rétine exsudatif ou tractionnel. Le diagnostic doit être évoqué sur l'aspect associé d'étirement des vaisseaux rétiniens, d'autant plus évident que l'on se rapproche de la périphérie, ainsi que sur la présence de zones avasculaires périphériques (fig. 13-1
Fig. 13-1Aspect d'étirement des vaisseaux évident en périphérie sur une rétinophotographie ultra-grand champ, typique d'une vitréorétinopathie exsudative familiale stade 1.
). Les autres anomalies périphériques parfois associées sont des néovaisseaux et/ou des lésions fibrotiques, à la jonction entre rétine saine et rétine avasculaire ( fig. 13-2
Fig. 13-2a, b. Aspect de néovaisseaux et de lésions fibrotiques à la jonction entre rétine saine et rétine avasculaire dans un cas de vitréorétinopathie exsudative familiale.
).
L'angiographie à la fluorescéine présente un intérêt dès qu'il existe un doute diagnostique, afin d'éliminer d'autres lésions spécifiques de certains diagnostics différentiels. Elle est également utile pour guider le traitement devant la présence de néovaisseaux périphériques.
Histoire naturelle, complications potentielles et pronostic
Classification des vitréorétinopathies exsudatives familiales selon Pendergast et Trese [5].
Stade
Description
1
Zone avasculaire en périphérie rétinienne
2
2A
Néovascularisation rétinienne sans exsudat
2B
Néovascularisation rétinienne avec exsudat
3
3A
Décollement de rétine extramaculaire sans exsudat
3B
Décollement de rétine extramaculaire avec exsudat
4
4A
Décollement de rétine subtotal incluant la macula sans exsudat
4B
Décollement de rétine subtotal incluant la macula avec exsudat
5
Décollement de rétine total
) est désormais la plus utilisée en pratique pour décrire l'étendue de la maladie [5]. Elle rend aussi compte de l'histoire naturelle possible des VREF et de leur risque d'évolution vers un décollement de rétine total, sachant qu'il est difficile de prédire la temporalité et la probabilité de passage d'un stade à l'autre (fig. 13-3
Fig. 13-3Aspect de décollement de rétine dans un cas de vitréorétinopathie exsudative familiale avec étirement des vaisseaux périphériques.
). Certaines formes sont d'emblée très sévères, d'autres sont modérées torpides. Ainsi, il est tout à fait exceptionnel d'observer chez un même patient l'évolution du stade 1 au stade 5 en passant par les stades intermédiaires.
La classification, plus ancienne, de Laqua [6], inspirée de Gow et Oliver, est sans doute à la fois plus simple et plus spécifique, en ceci qu'elle part des présentations effectives de la maladie (stade 1 ou stade 2, voire parfois d'emblée 3), qui toutes deux présentent un risque évolutif vers les différentes complications constituant le stade 3 (tableau 13-2
Tableau 13-2
Classification des vitréorétinopathies exsudatives familiales selon Laqua [6].
Stade
Description
1
Patient asymptomatique. Atteintes de la rétine périphérique
2
Acuité visuelle réduite. Masse fibrovasculaire périphérique avec étirement des structures du pôle postérieur
3
Acuité visuelle sévèrement altérée. Complications sévères : décollement de rétine totale, ou glaucome néovasculaire, ou tableau de persistance de la vascularisation fœtale
).
Pathologies associées, pour les maladies systémiques
Deux formes particulières de VREF s'intègrent dans un cadre syndromique : la maladie de Norrie Norrie, maladie de et le syndrome ostéoporose pseudo-gliome Syndrome(s) ostéoporose pseudo-gliome manifestations variablement associées sont une surdité progressive [7] et un retard psychomoteur (maladie de Norrie) ; des fractures secondaires à des traumatismes minimes, un retard staturopondéral et psychomoteur (syndrome ostéoporose pseudo-gliome).
Diagnostics différentiels
Quatre diagnostics différentiels peuvent être évoqués en fonction des présentations :
la maladie de Coats (mais l'angiographie à la fluorescéine, indiquée dans les cas modérés atypiques, permet de distinguer les deux aisément en mettant alors en évidence des télangiectasies typiques) ;
la persistance de la vascularisation fœtale (qui est, sauf exception, strictement unilatérale, sachant que certaines formes de VREF peuvent être très asymétriques) ;
l' incontinentia pigmenti (qui touche essentiellement des filles, s'accompagne de lésions cutanées néonatales spécifiques quoique parfois très discrètes, et dont les manifestations rétiniennes sont explosives pendant les premiers mois de vie, puis très lentement évolutives ou stables) ;
et la rétinopathie du prématuré qui, par définition, n'advient que chez des enfants nés prématurément.
Génétique
À ce jour, 18 gènes et un locus en 11p12-13 (EVR3 dont le gène reste indéterminé ont été associés à une VREF, mais seulement quatre gènes majeurs – frizzled 4 ( FZD4 ; MIM 604579) [8], low-density lipoprotein receptor-related protein 5 ( LRP5 ; MIM 603506) [9 , 10], norrin cysteine knot growth factor ( NDP ; MIM 300658) et tetraspanin-12 ( TSPAN12 ; MIM 613138) [11-12-13] – expliquent environ 38 % à 50 % des cas de VREF [2 , 14]. Ces quatre gènes interagissent fortement les uns avec les autres et sont tous impliqués dans la voie de signalisation Norrin-β-caténine/Wnt qui orchestre la transcription des gènes responsables de l'angiogenèse rétinienne au cours du développement (fig. 13-4
Fig. 13-4Voie de signalisation norrine/WNT impliquée dans les vitréorétinopathies exsudatives familiales.
Source : dessin de Cyrille Martinet.
). Cette cascade est déclenchée par l'interaction entre NDP et un complexe récepteur comprenant FZD4 , LRP5 et TSPAN12 . Cette interaction induit un signal qui inhibe la destruction de la β-caténine ( CTNNB1 ; MIM 116806) dont les taux cytosoliques augmentent. La β-caténine pénètre dans le noyau, où elle s'engage avec la famille de facteurs de transcription T cell factor (TCF)/ lymphoid enhancement factor (LEF) dans la régulation transcriptionnelle des gènes cibles qui orchestrent le développement vasculaire rétinien et le maintien de la barrière hématorétinienne [15].
Des études à grande échelle montrent que la fréquence des variants dans ces quatre gènes majeurs varient selon les populations [2 , 16 , 17]. Il semble que les patients porteurs de variants dans FZD4 présentent souvent des atteintes sévères avec un grade 5 de VREF dans la moitié des cas, alors que les patients porteurs de variants LRP5 semblent présenter un spectre de sévérité phénotypique plus large, allant d'un stade 2 au stade 5 [18 , 19]. Les variants de NDP, TSPAN12 ou KIF11 semblent être associés à une atteinte symétrique bilatérale, alors qu'une fréquence plus élevée d'asymétrie phénotypique a été observée chez les patients avec des variants LRP5 et FZD4 . Les variants de LRP5 peuvent être responsables d'atteintes osseuses isolées (transmission récessive ou dominante), de VREF isolées (transmission récessive ou dominante), ou d'une association des deux, comme dans le syndrome d'ostéoporose avec pseudogliome, de transmission récessive (OPPG ; MIM 259770). L'atteinte osseuse peut correspondre soit à des anomalies de la masse osseuse avec ostéopénie/ostéoporose [20] (avec ou sans VREF), soit à une augmentation de masse osseuse (MIM 601884 ; MIM 607634 ; 144750) sans atteinte rétinienne associée.
Les variants de NDP sont impliqués à la fois dans une VREF dans sa forme liée à l'X et dans la maladie de Norrie (MIM 310600) [21 , 22]. De nombreux variants du gène NDP ont été rapportés associés à une maladie de Norrie, mais aussi à tous ses diagnostics différentiels [23]. Ces vitréorétinopathies pédiatriques comportant une vascularisation rétinienne défectueuse partagent toutes une cause physiopathologique similaire liée à une activation inadéquate de la voie de signalisation NDP-FZD4-LRP5/6-TSPAN12. La norrine, protéine codée par NDP , sert de ligand pour la voie de signalisation Norrin/Wnt, et se compose structurellement d'un motif hautement conservé riche en résidus cystéine qui sont impliqués dans la dimérisation intermoléculaire de la norrine via des liaisons disulfures [24]. Les variants altérant ces résidus cystéine conduiraient à une dysgénésie oculaire plus sévère comme au cours de la maladie de Norrie, tandis que les variants « non cystéine » seraient plus volontiers associés à une VREF classique. La gravité du phénotype dépendrait de la région fonctionnelle de la norrine affectée. Les variants affectant le site de liaison LRP5 sont susceptibles de provoquer un phénotype rétinien plus modéré que les variants affectant le site de liaison FZD4 ou les résidus de cystéine. Enfin, les variants survenant au niveau de la partie 5′UTR de NDP , susceptibles d'altérer la traduction ou les variants décalants ou non-sens entraînant une interruption prématurée de la traduction et la non-production d'une protéine norrine fonctionnelle sont plus susceptibles de provoquer une rétinopathie sévère [25].
D'autres gènes ne participant pas directement à la voie de signalisation Norrin/Wnt ont été associés à des VREF. Il s'agit notamment de kinesin family member 11 ( KIF11 ; MIM 148760), qui code une protéine motrice du fuseau mitotique essentielle à l'angiogenèse [26] et de zinc finger protein 408 ( ZNF408 ; MIM 616454), qui code un facteur de transcription riche en doigt de zinc dont l'expression est augmentée au cours du développement oculaire [27]. Les variants de KIF11 ont été initialement associés à un spectre de pathologies associant une microcéphalie, un lymphœdème des extrémités, une déficience intellectuelle avec ou sans choriorétinopathie ( microcephaly with or without chorioretinopathy, lymphedema, or impaired intellectual development [MCLMR]), avant d'être mis en évidence chez des patients atteints de VREF avec ou sans microcéphalie et choriorétinopathie, et pouvant présenter une cataracte et une microphtalmie [26 , 28 , 29]. L'association d'une VREF et d'une microcéphalie est également rapportée, chez quelques patients seulement, en association avec des variants du gène TUBGCP6 [30] et des gènes dedicator of cytokinesis 6 ( DOCK6 ; MIM 614194) et RHO GTPase-activating protein 31 ( ARHGAP31 ; MIM 610911) [31], ces deux gènes étant responsables de différentes formes systémiques de syndrome d'Adams-Oliver.
En outre, des variants pathogènes ont été identifiés dans d'autres gènes, tels qu' atonal homolog 7 ( ATOH7 ; MIM 609875) [32], integrin-linked kinase ( ILK ; MIM 602366) [33] et jagged canonical Notch ligand 1 ( JAG1 ; MIM 601920), qui sont impliqués dans diverses voies indépendantes de la signalisation Norrin-β-caténine/Wnt, mais néanmoins impliquées dans l'angiogenèse rétinienne.
Des études récentes ont décrit des gènes impliqués dans le phénotype de VREF, qui ont un lien avec la voie de signalisation Norrin/Wnt, tels que low-density lipoprotein receptor-related protein 6 ( LRP6 ; MIM 603507) [34], CTNNB1 (MIM 116806) codant la β-caténine [35 , 36], ou encore la caténine delta-1 ou alpha-1 codées respectivement par les gènes CTNND1 (MIM 601045) et CTNNA1 (MIM 116805) [37], et le gène ER membrane protein complex subunit 1 ( EMC1 ), ces quatre derniers gènes pouvant être responsables de VREF dans une forme multisyndromique, associant notamment une déficience intellectuelle [38]. Un variant faux-sens considéré comme causal dans le gène discs large MAGUK scaffold protein 1 ( DLG1 ; MIM 601014), qui régule l'angiogenèse rétinienne ainsi que les barrières hématorétinienne et hémato-encéphalique en activant la signalisation de la bêta-caténine, a été rapporté dans une famille présentant une VREF non syndromique [39]. Deux études ont rapporté des variants du gène transforming growth factor beta receptor 2 ( TGFBR2 ; MIM 190182) chez des patients présentant un phénotype de VREF avec ou sans atteinte systémique s'intégrant dans le syndrome de Loeys-Dietz (LDS), une maladie systémique du tissu conjonctif de transmission autosomique dominante [40 , 41].
Les deux derniers gènes rapportés comme gènes candidats pour un phénotype de VREF sont les gènes sorting nexin 31 ( SNX31 ; MIM 619839) [42] et calcyphosine-like protein ( CAPSL ; MIM 618799 [43], identifiés par séquençage de l'exome entier chez des patients issus respectivement d'une et de deux familles présentant une VREF de transmission autosomique dominante. Des études fonctionnelles et la génération de modèles murins ont montré que ces deux gènes étaient impliqués dans l'angiogenèse rétinienne via des mécanismes nouveaux, l'intégrine β1 et la voie de signalisation MYC.
Enfin, le gène RCC1 and BTB domain containing protein 1 ( RCBTB1 ; MIM 607867), initialement impliqué dans des VREF de transmission autosomique dominante avec pénétrance incomplète [44], est contesté par d'autres auteurs qui postulent que seuls des variants bialléliques de RCBTB1 sont associés à une dystrophie rétinienne bâtonnets-cônes de transmission autosomique récessive (MIM 617175).
En résumé
Quatre gènes majeurs FZD4, LRP5, NDP, TSPAN12 expliquent la majorité des cas de VREF, mais 30 % à 50 % d'entre eux restent encore génétiquement inexpliqués selon les études à grande échelle. L'expansion du diagnostic moléculaire de ces pathologies et le phénotypage plus performant permettent d'établir progressivement des corrélations génotype-phénotype qui pourront aider au pronostic des différentes formes de VREF en fonction du gène impliqué.
Prise en charge clinique
Des examens réguliers avec rétinophotographies ultra-grand champ et angiographies à la fluorescéine son nécessaires pour la détection précoce des néovaisseaux. Le traitement de la VREF est assez consensuel, mais peu fondé sur des preuves, compte tenu de l'absence d'études à grande échelle sur cette maladie rare [45]. Une surveillance est préconisée aux stades initiaux de la maladie (stade 1). Une photocoagulation laser de la rétine avasculaire et/ou des zones de perte capillaire est recommandée devant la présence d'une néovascularisation à angiographie à la fluorescéine (stade 2A), afin d'éviter la progression vers un décollement de rétine (DR) tractionnel. Les taux de progression vers un DR malgré un traitement laser varient entre 0 % et 47 % selon les séries [5 , 46 , 47]. Le rôle des anti-VEGF ( vascular endothelial growth factor ) dans la prise en charge de la VREF reste controversé. Bien qu'ils puissent améliorer l'exsudation et la néovascularisation rétinienne, ils pourraient aggraver également les tractions vitréorétiniennes, favorisant l'évolution vers un DR.
En cas de DR exsudatif, un cerclage par voie ab externo pourrait être proposé [5]. En cas de DR rhegmatogène ou tractionnel, une chirurgie ab externo par indentation sclérale ou une chirurgie endo-oculaire par vitrectomie est indiquée selon le cas [5 , 48-49-50]. Le taux de réapplication rétinienne varie entre 62 % et 87 % des cas selon les séries, dépendant du nombre d'interventions et de la durée du suivi [5 , 48-49-50]. La présence en préopératoire d'un DR tractionnel, d'une acuité visuelle réduite et/ou d'un pli falciforme a été associée à un mauvais pronostic anatomique [50]. Les résultats fonctionnels, bien qu'encourageants, sont souvent limités, avec un tiers des patients présentant une acuité visuelle supérieure à 2/10 es [5].
À retenir
Les vitréorétinopathies exsudatives familiales (VREF) sont des maladies rares, de transmission variable et de présentation variable (tout âge, toutes fonctions visuelles).
Leur point commun est la présence d'anomalies vasculaires de la périphérie rétinienne (zones avasculaires et étirement des vaisseaux).
Les conséquences de ces anomalies vasculaires sont des décollements de rétine et/ou des anomalies maculaires (pseudo-œdème papillaire, membrane épimaculaire, ectopie maculaire, pli falciforme).
Leur prise en charge spécialisée est complexe et non consensuelle.
Vitréorétinopathies non exsudatives
Syndrome de Stickler
OMIM : 108300.
ORPHA : 828.
Introduction
Le syndrome de Stickler, décrit par Günnar Stickler en 1965 sous le terme d'arthro-ophtalmopathie progressive héréditaire, est une vitréorétinopathie héréditaire du tissu conjonctif [51]. On en distingue différents sous-types, désormais classés en fonction du gène impliqué, et résultant principalement d'un défaut quantitatif ou qualitatif de production des fibres de collagène II (Stickler de type 1), XI (Stickler de type 2) et IX, et dans une moindre mesure des gènes apparentés, non collagéniques (fig. 13-5
Fig. 13-5Syndrome de Stickler.a. Composition du vitré. b. Organisation des fibres de collagène II, IX et XI impliquées dans le syndrome de Stickler. c. Collagène XVIII : membranes basales, tissus oculaires et vaisseaux. d. Conséquences fonctionnelles des variants impliqués dans le syndrome de Stickler.
Source : dessin de Cyrille Martinet.
) [52-53-54-55]. Les premiers, affectant les collagènes II et XI, largement majoritaires (> 99 %), sont de transmission dominante, tandis que les seconds, beaucoup plus rares, sont de transmission récessive.
La prévalence du syndrome est estimée à 1/8000 naissances.
Caractéristiques cliniques utiles pour le diagnostic
Âge d'apparition, circonstances de découverte
Le diagnostic peut être posé dès la période néonatale ; il est cependant fréquemment tardif. Une circonstance fréquente de diagnostic « en cascade » est l'inspection et l'interrogatoire des parents d'un enfant chez qui le diagnostic vient d'être suspecté ou posé, l'un d'entre eux présentant un phénotype et une histoire typiques (parfois plusieurs membres de la famille présentent une histoire typique), mais n'ayant encore jamais été diagnostiqué.
Le diagnostic du syndrome chez le nouveau-né, le nourrisson et le jeune enfant repose sur l'association d'une dysmorphie faciale – avec une hypoplasie de l'étage moyen du visage et des yeux proéminents –, parfois d'une séquence de Pierre Robin et d'une myopie forte congénitale. Devant toute séquence de Pierre Robin ou dysmorphie évocatrice, une réfraction doit être réalisée. L'erreur de réfraction ne se faisant que dans un sens, une myopie congénitale doit être recherchée, même sans cycloplégiques. Sa présence imposera au contraire la réalisation dans un bref délai d'une cycloplégie initiale par collyre à l'atropine. La myopie est souvent d'emblée très forte et doit être impérativement corrigée par lunettes dès l'âge de 3 mois. Les retards de correction des myopies fortes congénitales peuvent conduire à des comportements de malvoyance et/ou des syndromes pseudo-autistiques, et peuvent être à l'origine d'authentiques amblyopies réfractives bilatérales.
Le diagnostic du syndrome chez l'enfant, l'adolescent ou l'adulte est évoqué dans le contexte d'une myopie forte, avec des éléments cliniques anamnestiques, vitréens et/ou extra-ophtalmologiques évocateurs, avant ou après la survenue d'un ou de plusieurs DR.
Psychophysique et électrophysiologie typique
L'acuité visuelle corrigée, avant DR, est normale ou subnormale ; l'ERG global, s'il est réalisé, est normal.
Réfraction
La myopie constitue un des signes cardinaux du syndrome. Elle est présente dans 75 % à 100 % des cas selon les études ; elle est congénitale, forte, peu évolutive. Elle résulte de l'absence d'inhibition de la croissance du globe oculaire in utero par les collagènes impliqués, normalement présents dans le corps vitré.
Atteintes du segment antérieur
Les patients atteints développent fréquemment une cataracte précoce – chez l'enfant ou l'adulte jeune. Trois variétés sont fréquemment observées : sous-capsulaires postérieures ou nucléaires, peu spécifiques, ou « en quartier », bilatérales et symétriques, possiblement associées aux précédentes et présentes dans environ la moitié des cas [56]. L'incidence du glaucome dans le syndrome de Stickler atteint 15 % en fonction des études ; les mécanismes supposés sont nombreux – anomalies angulaires congénitales, myopie forte, post-vitrectomie, etc.
Phénotype vitréen
L'accent a été mis au cours des dernières décennies sur la spécificité du phénotype vitréen présenté par les patients atteints (fig. 13-6
Fig. 13-6Aspect de vitré « membranaire » dans un syndrome de Stickler.
Fig. 13-7Aspect de vitré « fibrillaire » avec cordages finement perlés dans un syndrome de Stickler.
). Celui-ci est très utile chez l'adulte, mais plus rarement informatif chez le jeune enfant. On distingue trois phénotypes vitréens distincts, qui corrèlent assez bien avec le génotype. Le type 1, dit « membranaire », est le plus fréquent (75 % des cas) ; il correspond à la visualisation de membranes intravitréennes dans l'espace rétrolental (voir fig. 13-6
Fig. 13-6Aspect de vitré « membranaire » dans un syndrome de Stickler.
) ; celles-ci s'insèrent typiquement à la pars plana et sont réputées non évolutives ; il résulte généralement de variants dans le gène COL2A1 . Le type 2, dit « fibrillaire », plus rare, laisse à voir des anomalies affectant l'ensemble de la cavité vitréenne, avec des cordages perlés (voir fig. 13-7
Fig. 13-7Aspect de vitré « fibrillaire » avec cordages finement perlés dans un syndrome de Stickler.
), typiquement évolutifs, au point de pouvoir laisser place à un type 1 après le décollement total de l'hyaloïde postérieure ; il résulte de variants dans le gène COL11A1 .
Aspect ophtalmoscopique typique avec imagerie rétinienne
L'aspect du fond d'œil est classiquement moins spécifique que celui du vitré. Il semble que certaines déformations anatomiques classiques, telle l'atrophie péripapillaire, soient moins fréquentes, à longueur axiale égale, dans le syndrome de Stickler [57]. Les plages de blanc sans pression sont fréquentes, pouvant être observées dès la petite enfance (fig. 13-8
Fig. 13-8Aspect de rétine avec zones de blanc sans pression et anomalies vitréennes chez un jeune enfant avec syndrome de Stickler.
). L'élément le plus spécifique semble consister en la présence de lésions pigmentées paravasculaires, parfois qualifiées de dégénérescence palissadique, correspondant à des plages initialement hyper-, puis devenant hypofluorescentes avec l'âge et correspondant en OCT à des zones d'atrophie globale de la rétine ( fig. 13-9
Fig. 13-9Aspect de lésions pigmentées paravasculaires visibles sous forme de plages hyperautofluorescentes.
). Ces lésions sont visibles dans environ 80 % des cas sur des clichés ultra-grand-champ en autofluorescence [58].
Histoire naturelle de la forme standard, complications potentielles et pronostic
Environ 60 % des patients atteints de syndrome de Stickler développent un DR au cours de leur vie, majoritairement bilatéral. Le syndrome de Stickler est de ce fait une cause de malvoyance, parfois précoce.
Pathologies associées
La dysmorphie faciale (hypoplasie de l'étage moyen) est utile au diagnostic. Elle entre parfois dans le cadre plus large d'une séquence de Pierre Robin (rétrognathisme, glossoptose, fente vélopalatine postérieure), qui requiert une prise en charge multidisciplinaire spécifique, mais dont le diagnostic conduit à celui du syndrome via la présence d'une myopie (dépistée de façon systématique dans ce contexte), et non l'inverse.
Un contrôle ORL est indiqué dans tous les cas compte tenu de l'association (dans 20 % à 80 % des cas selon les séries, plus fréquemment dans les Stickler de type 2 que de type 1) d'une surdité. Les deux types de surdité (de perception ou de transmission) peuvent s'observer et s'associer.
Les complications rhumatologiques sont fréquentes ; elles apparaissent le plus souvent après l'âge de 20 ans et justifient d'un suivi en centre de référence. Une arthrose précoce peut toucher les articulations des membres et du rachis et est responsable de douleurs chronique.
Diagnostics différentiels
Les autres causes de myopie congénitale ou infantiles doivent être évoquées devant cette présentation – autres collagénopathies, lamininopathies, formes atypiques de glaucome congénital.
Génétique
Entre 80 % et 90 % des cas de syndrome de Stickler résultent de variants du gène COL2A1 , alors que 10 % à 20 % des cas sont attribués à des variants du gène COL11A1 [53 , 55]. La gravité du phénotype des syndromes de Stickler dépend de la localisation et de la nature du variant, ainsi que du rôle développemental et de l'abondance du collagène en cause dans l'humeur vitréenne. Ainsi, les variants pathogènes de COL2A1 à l'origine du syndrome de Stickler 1 entraînent plus volontiers une haplo-insuffisance de la protéine, tandis que les variants pathogènes de COL11A1 associés au syndrome de Stickler de type 2 exercent plus généralement un effet dominant négatif (voir fig. 13-5
Fig. 13-5Syndrome de Stickler.a. Composition du vitré. b. Organisation des fibres de collagène II, IX et XI impliquées dans le syndrome de Stickler. c. Collagène XVIII : membranes basales, tissus oculaires et vaisseaux. d. Conséquences fonctionnelles des variants impliqués dans le syndrome de Stickler.
Myopie modérée à forte Décollement de rétine rhegmatogène
Vitré « hypoplasique »
Oui Surdité modérée à sévère
Syndrome de Wagner (MIM 143200)
VCAN (MIM 118661) 5q14.2-q14.3 Chondroïtine sulfate protéoglycane : versicane 5–15 % du contenu protéique total du gel vitréen
AD
Myopie modérée à forte Décollement de rétine rhegmatogène et tractionnel Dégénérescence chroriorétinienne Strabisme avec pseudo-exotropie et augmentation de l'angle kappa, dysgénésie de l'angle iridocornéen, glaucome congénital, uvéite
Synérèse du vitré et anomalies de l'interface vitréorétinienne Vitré optiquement vide Voiles avasculaires et de membranes vitréennes prérétiniennes circonférentielles
Non
Syndrome de Knobloch (MIM 267750)
COL18A1 (MIM 120328) 21q22.3 Chaîne α1 du collagène de type XVIII Protéoglycane des membranes basales épithéliales et endothéliales
AR
Myopie modérée à sévère, décollement de rétine, dégénérescence vitréorétinienne avec dystrophie rétinienne cônes-bâtonnets, pseudo-colobome/atrophie de la macula, anomalies iriennes (absence des cryptes, transillumination), subluxation/ectopie du cristallin, opacité périnuclaire postérieure du cristallin, glaucome
Condensations vitréennes fibrillaires blanches
Oui Anomalies de la région occipitale allant d'un défaut du cuir chevelu à l'encéphalocèle Autres malformations du système nerveux central Anomalies urinaires
AD : autosomique dominant ; AR : autosomique récessif.
).
Syndrome de Stickler de type 1 associé au gène COL2A1 avec « vitré membranaire »
Le syndrome de Stickler de type 1 (MIM 108300) résulte de variants hétérozygotes dans le gène COL2A1 . Les patients présentent un vitré anormal ayant un aspect dit « membranaire » caractéristique : persistance d'un gel vitréen vestigial dans l'espace rétrolental, bordé par une membrane plissée [59 , 60]. Le gène COL2A1 , situé sur le chromosome 12q13.1, est composé de 54 exons et code la chaîne α-1 du procollagène de type II, pro-α1 (II), contenant une région hélicoïdale centrale, composée d'une répétition de trois résidus qui commencent tous par une glycine (Gly-X-Y), nécessaire à la formation de la triple hélice collagénique. Le collagène de type II est un collagène fibrillaire homotrimérique, formé de trois chaînes pro-α 1 (II) identiques, présent principalement dans le cartilage, le corps vitré et le nucleus pulposus des disques intervertébraux.
À ce jour, plus de 700 variants pathogènes ou probablement pathogènes ont été rapportés dans le gène COL2A1 et il existe deux principaux mécanismes moléculaires sous-jacents expliquant la pathogenèse de cette collagénopathie [53 , 61]. Le plus courant correspond à des variants hétérozygotes, perte de fonction du gène COL2A1 , incluant des variants non-sens, des variants in/del, ou des variants d'épissage avec décalage de cadre de lecture, induisant l'apparition d'un codon prématuré d'arrêt de la traduction (PTC). Les ARNm mutés porteurs d'un PTC sont éliminés par le système NMDecay ( nonsense-mediated decay ), entraînant une réduction de moitié de production de la chaîne pro-α1 (II) dont la structure est normale, ce qui réduit la quantité de collagène de type II dans le vitré et d'autres tissus, conduisant à une haplo-insuffisance.
En revanche, les variants qui produisent un transcrit COL2A1 muté en phase (variants faux-sens, variants d'épissage non décalants entraînant juste un saut d'exon) conduisent à une anomalie qualitative de la chaîne pro-α1 (II), entraînant une conformation anormale et une déstabilisation de la triple hélice. Au lieu d'une haplo-insuffisance, ce type de variant a un effet dominant négatif, et prédomine chez les patients présentant un phénotype ostéoarticulaire plus grave, comme au cours de la dysplasie spondylo-épiphysaire congénitale (SEDC_MIM 183900) ou la dysplasie de Kniest (MIM 56550). Par conséquent, les variants pathogènes qui entraînent un transcrit d'ARNm muté en phase sont plus rares chez les patients atteints du syndrome de Stickler de type 1.
Les variants avec effet négatif dominant les plus fréquents sont les variants faux-sens conduisant au remplacement du résidu glycine au sein de l'unité hélicoïdale Gly-X-Y dans le domaine de la triple hélice [54]. Une particularité génotype-phénotype inclut les variants localisés au niveau de l'exon 2 de COL2A1 qui donnent, classiquement, naissance à la forme oculaire isolée du syndrome de Stickler de type 1, sans atteinte systémique.
L'exon 2 de COL2A1 subit un épissage alternatif tissu-spécifique conduisant à la production de deux isoformes majeures, les procollagènes IIA et IIB. L'isoforme longue IIA, incluant l'exon 2, est exprimée dans le vitré et le tissu chondrogénique pendant le développement, tandis que la forme courte (isoforme IIB, sans l'exon 2) est principalement exprimée dans le cartilage adulte. Par conséquent, les variants de l'exon 2 affectent principalement le collagène de type IIA, exprimé dans le vitré à l'âge adulte, expliquant un phénotype à prédominance oculaire sans atteinte articulaire [62].
Syndrome de Stickler de type 2 associé au gène COL11A1 avec « vitré perlé »
Le syndrome de Stickler de type 2 (MIM 604841) résulte le plus souvent de variants dominants négatifs hétérozygotes dans le gène [55]. Il existe généralement un phénotype vitréen différent de type « perlé » : la présence de rares fibres d'épaisseurs irrégulières, à travers la cavité vitréenne [60]. L'audition est plus fréquemment affectée que dans le syndrome de Stickler de type 1 [55]. Le gène COL11A1 est situé sur le chromosome 1p21 et code pour la chaîne pro-α1(XI) du collagène fibrillaire XI. La chaîne pro-α1(XI) se combine avec deux autres chaînes de collagène, pro-α2(XI) et pro-α1(II), pour former une molécule de collagène de type XI hétérotrimérique. Le collagène de type XI se trouve dans le vitré, le cartilage, l'oreille interne et le nucleus pulposus des disques intervertébraux. Bien que le collagène de type XI soit un composant quantitativement mineur des fibrilles, il joue un rôle important dans la régulation de la fibrillogenèse, notamment du collagène de type II, expliquant l'aspect « perlé » du vitré dans le syndrome de Stickler de type 2.
COL11A1 comprend 68 exons dans le transcrit de référence (NM_001854.4) où les exons 6, 7 et 9 sont épissés alternativement. Classiquement, les variants hétérozygotes « gain de fonction » du gène COL11A1 sont associés à un syndrome de Stickler de type 2 autosomique dominant (MIM 604841) et les variants bialléliques « perte de fonction » sont responsables de fibrochondrogenèse de type 1 (MIM 228520), une dysplasie squelettique sévère de transmission autosomique récessive, généralement létale [63]. Les variants pathogènes de COL11A1 associés au syndrome de Stickler de type 2 dominant incluent principalement des substitutions nucléotidiques touchant des sites consensus donneurs ou accepteurs d'épissage qui entraînent un saut d'exon en phase sans activation du système NMDecay . Par conséquent, le transcrit COL11A1 mutant conduit à la synthèse d'une chaîne pro-α1(XI) mutante plus courte, formant des molécules de collagène de type XI dysfonctionnelles responsables d'un effet dominant négatif. Dans une proportion moins importante, des variants faux-sens « gain de fonction » impliquant une substitution de glycine du triplet Gly-X-Y du domaine hélicoïdal sont associés au syndrome de Stickler de type 2 de transmission autosomique dominante [55].
Parallèlement, un modèle d'hérédité autosomique récessif pour le syndrome de Stickler de type 2 a été récemment corrélé à une combinaison de différents variants bialléliques, incluant des variants « perte de fonction » qui empêchent la production de toute chaîne pro-α1(XI) fonctionnelle, associés à des variants « dominant négatifs » qui conduisent à la synthèse d'une chaîne pro-α1(XI) anormale, ou des variants touchant l'exon 9, épissé alternativement au cours de la différenciation chondrogénique, et donc « naturellement » exclus dans les chondrocytes matures [52 , 55]. Tous ces cas de syndrome de Stickler récessifs dû à des variants bialléliques particuliers de COL11A1 , sont a priori « sauvés » de la fibrochondrogenèse. Comme pour l'épissage alternatif qui supprime l'effet des variants de l'exon 2 de COL2A1 dans le tissu chondrogénique conduisant à une forme non systémique du syndrome de Stickler de type 1, l'épissage alternatif de l'exon 9 de COL11A1 modifie l'effet des variants, réduisant ainsi la gravité du phénotype squelettique. Cependant, cet exon est exprimé dans le cartilage de Meckel et le ligament antérieur du malléus (marteau), conduisant à une perte auditive inhabituellement profonde sans phénotype squelettique sévère.
Syndrome de Stickler associé aux gènes COL9A1, COL9A2, COL9A3
Les gènes COL9A1, COL9A2 et COL9A3 codent respectivement les chaînes polypeptidiques alpha 1, alpha 2 et alpha 3, qui s'assemblent pour former l'hétérotrimère du collagène de type IX. Les variants dans ces gènes sont associés à un syndrome de Stickler de transmission autosomique récessive. Ils sont le plus souvent retrouvés dans des familles consanguines à l'état homozygote et sont majoritairement des variants perte de fonction, entraînant une absence complète de la protéine. Les patients présentent en général une myopie élevée (> 6 D) avec un vitré anormal, généralement hypoplasique, et ont une perte auditive neurosensorielle, modérée à sévère [64].
Syndrome de Stickler associé à des gènes non liés à des molécules de collagène
Trois gènes non collagéniques ont été décrits à l'origine d'un phénotype de type Stickler autosomique récessif : LOXL3, une lysyl oxydase impliquée dans la réticulation des chaînes de collagène de type II [65] ; LRP2, récepteur transmembranaire de lipoprotéines [66] ; et GZF1 , un facteur de transcription à doigt de zinc inductible par le GDNF ( glial-derived neurotrophic factor ) [67].
Prise en charge clinique
La prise en charge du syndrome de Stickler reste complexe. Elle doit être multidisciplinaire en fonction de l'expression clinique très variable. Le traitement doit être adapté à chaque cas.
Prévention du décollement de rétine
Compte tenu du risque de perte visuelle sévère, certains experts ont souligné l'importance d'un traitement prophylactique chez les patients atteints du syndrome de Stickler pour réduire l'occurrence et/ou prévenir le DR rhegmatogène [68]. Cependant, le niveau de preuve des données actuelles est insuffisant (niveau 4) pour émettre de recommandations consensuelles concernant la modalité et le moment du traitement prophylactique.
En 2014, le groupe de Cambridge a rapporté une étude rétrospective comparant 293 patients atteints de syndrome de Stickler de type 1 traités prophylactiquement par cryopexie rétinienne périphérique sur 360° et 194 patients non traités. Une réduction d'au moins 5 fois du taux de DR rhegmatogène chez les patients traités (et une diminution de 8 fois dans les yeux controlatéraux) a été retrouvée, en utilisant des yeux non traités appariés individuellement comme témoins. Aucune complication clinique significative, comme la formation de membranes épimaculaires, n'a été observée après cette procédure non invasive [69].
Des études rétrospectives plus récentes ont évalué sur le même principe l'efficacité de la rétinopexie au laser dans la prévention du DR dans le syndrome de Stickler [70-71-72-73]. Morris et al. ont décrit en 2021 une technique de rétinopexie laser appliquée à cinq yeux d'une même famille, avec syndrome de Stickler de type 2 génétiquement prouvé, s'inspirant de la cryopexie de Cambridge. Cette rétinopexie au laser s'étendait postérieurement entre l'ora serrata et les ampoules de veines vortiqueuses. Aucun œil n'a développé de DR pendant un suivi de 10,5 ans [70].
Naravane et al. [73] et Khanna et al. [72] ont également rapporté des réductions du taux de DR dans des séries plus larges de patients atteints du syndrome de Stickler (principalement diagnostiqués cliniquement), utilisant une technique de rétinopexie laser s'étendant jusqu'à l'équateur (26,7 % contre 4,6 %, p = 0,034 ; 73 % contre 3 %, p = 0,001, respectivement). Le groupe de Manchester [71] a montré pour sa part une réduction du taux de DR de 23 % à 9 % ( p = 0,057), sans observer de déchirure géante dans les yeux ayant subi un DR, malgré la prophylaxie (contre 42,9 % de déchirure géante dans les yeux témoins) (fig. 13-10
Fig. 13-10Aspect de décollement de rétine par déchirure géante avec inversion rétinienne dans un syndrome de Stickler.
). Il est important de noter qu'une tendance commune dans toutes ces études de prophylaxie au laser pour le syndrome de Stickler était l'étendue postérieure de la rétinopexie.
Finalement, une étude a évalué l'efficacité d'un cerclage ab externo associé ou non à une cryothérapie dans des yeux atteints de syndrome de Stickler. La cryopexie a réduit de manière significative le risque de DR combiné avec l'indentation sclérale [74].
Un sondage récent effectué parmi des chirurgiens vitréorétiniens pédiatriques a montré que 26 médecins (76 %) utilisent principalement une rétinopexie prophylactique au laser, 4 (12 %) préfèrent l'utilisation de la cryothérapie, et 4 (12 %) utilisent un cerclage scléral prophylactique [75].
Traitement du décollement de rétine
La prise en charge chirurgicale du DR relève de la chirurgie vitréorétinienne par voie ab externo , intraoculaire ou une combinaison des deux [76-77-78]. Malgré des chirurgies complexes et parfois multiples, de bons résultats anatomiques et des résultats fonctionnels utiles ont été rapportés chez les patients atteints du syndrome de Stickler. Les taux de réapplication rétinienne varient selon les séries, dépendant du nombre d'interventions et du type de procédure. Les taux de succès anatomique après une seule intervention varient entre 45 % et 79 % [77-78-79], pouvant aller jusqu'à 97 % avec en moyenne 2,3 interventions [ 77]. Les différentes modalités thérapeutiques semblent avoir des taux de succès similaires, avec une légère supériorité en faveur des procédures combinées [76]. L'utilisation d'huile de silicone est souvent rapportée dans les différentes séries. Une amélioration de l'acuité visuelle de 0,5 LogMAR a été rapportée sur un suivi de 10 ans [78].
Syndrome de Wagner
Introduction
Le phénotype oculaire du syndrome décrit par Wagner en 1938 en Suisse alémanique sous le nom de degeneratio hyaloideo-retinalis hereditaria est proche de celui du syndrome de Stickler, au point que les deux ont pu être confondus avant l'ère de la génétique moderne, donnant lieu à l'appellation fautive « syndrome de Wagner-Stickler ». Il n'existe pas d'atteintes extraoculaires ; ce syndrome (OMIM 143200) est beaucoup plus rare que le syndrome de Stickler (prévalence < 1:1 000 000). Il se transmet selon le mode autosomique dominant.
Caractéristiques cliniques utiles pour le diagnostic
Âge d'apparition, circonstances de découverte
Le phénotype est probablement présent dès la petite enfance. Cependant, en l'absence de phénotype extraoculaire et, le plus souvent, en l'absence de complications infantiles, le diagnostic est généralement posé dans le cas princeps chez un adolescent ou un adulte devant une complication rétinienne. La dégénérescence du vitré est progressive ; la myopie est moyenne. Une cataracte peut être présente chez le jeune adulte. L'angle lambda est très positif. La variabilité inter- et intrafamiliale est considérable, rendant le diagnostic souvent très difficile [80-81-82-83-84-85].
Psychophysique et électrophysiologie typiques
Il semble que l'ERG global soit initialement normal ou subnormal chez la plupart des patients. Certains patients présentent des signes proches de ceux d'une dystrophie bâtonnets-cônes, à savoir une héméralopie progressive, une restriction du champ visuel, des lésions choriorétiniennes atrophiques ainsi que des altérations des réponses des bâtonnets et des cônes à l'ERG global. Cette forme particulière de syndrome de Wagner a parfois été nommée « choriorétinopathie érosive ».
Aspect ophtalmoscopique typique avec imagerie rétinienne
Le signe le plus constant est la présence d'un vitré optiquement vide, avec des condensations fibrillaires périphériques. Une atrophie choriorétinienne périphérique évolutive semble être la règle (fig. 13-11
Fig. 13-11Aspect d'atrophie choriorétinienne périphérique dans un syndrome de Wagner.
).
Histoire naturelle de la forme standard, complications potentielles et pronostic
Le DR est fréquent, y compris chez le sujet jeune. Les formes sévères sont une cause de basse vision [84].
Diagnostics différentiels
Les principaux diagnostics différentiels sont le syndrome de Stickler et les dystrophies choriorétiniennes (atrophie gyrée et choroïdérémie).
Génétique
Le syndrome de Wagner se transmet selon un mode autosomique dominant avec pénétrance complète et expressivité variable (voir tableau 13-3
Tableau 13-3
Gènes impliqués dans les syndrome de Stickler, de Wagner et de Knobloch.
Pathologie
Gène et produit
Transmission
Présentation oculaire
Phénotype du vitré
Atteinte extraoculaire
Stickler type 1 (MIM 108300) Dysplasie spondylo-épiphysaire congénitale, dysplasie de Kniest
COL2A1 (MIM 120140) 12q13.11 Chaîne pro-α1 (II) Fibres de collagène type II (homotrimère) Constituant majeur du vitré
AD
Myopie forte, peu évolutive Décollement de rétine rhegmatogène +++ Cataracte, glaucome Dégénérescence palissadique Plages d'atrophie chroriorétinienne et altérations pigmentaires
Vitré « membraneux » : gel vestigial bordé d'une membrane plissée dans un vitré optiquement vide Aspect non évolutif
Forme syndromique : surdité, fente palatine/séquence de Pierre-Robin, dysmorphie faciale, arthropathie, hyperlaxité ligamentaire
Forme oculaire pure (variants dans l'exon 2)
Stickler type 2 (MIM 604841) Fibrochondrogenèse (MIM 228520)
COL11A1 (MIM 120280) 1p21.1 Chaîne pro-α1 (XI) Fibres de collagène type XI (hétérétrimère) Constituant mineur du vitré
AD/AR
Myopie modérée à forte Cataracte +++ Décollement de rétine rhegmatogène +
Myopie modérée à forte Décollement de rétine rhegmatogène
Vitré « hypoplasique »
Oui Surdité modérée à sévère
Syndrome de Wagner (MIM 143200)
VCAN (MIM 118661) 5q14.2-q14.3 Chondroïtine sulfate protéoglycane : versicane 5–15 % du contenu protéique total du gel vitréen
AD
Myopie modérée à forte Décollement de rétine rhegmatogène et tractionnel Dégénérescence chroriorétinienne Strabisme avec pseudo-exotropie et augmentation de l'angle kappa, dysgénésie de l'angle iridocornéen, glaucome congénital, uvéite
Synérèse du vitré et anomalies de l'interface vitréorétinienne Vitré optiquement vide Voiles avasculaires et de membranes vitréennes prérétiniennes circonférentielles
Non
Syndrome de Knobloch (MIM 267750)
COL18A1 (MIM 120328) 21q22.3 Chaîne α1 du collagène de type XVIII Protéoglycane des membranes basales épithéliales et endothéliales
AR
Myopie modérée à sévère, décollement de rétine, dégénérescence vitréorétinienne avec dystrophie rétinienne cônes-bâtonnets, pseudo-colobome/atrophie de la macula, anomalies iriennes (absence des cryptes, transillumination), subluxation/ectopie du cristallin, opacité périnuclaire postérieure du cristallin, glaucome
Condensations vitréennes fibrillaires blanches
Oui Anomalies de la région occipitale allant d'un défaut du cuir chevelu à l'encéphalocèle Autres malformations du système nerveux central Anomalies urinaires
AD : autosomique dominant ; AR : autosomique récessif.
). En 2005, l'équipe de Miyamoto a été la première à identifier la cause moléculaire de cette vitréorétinopathie dans le gène VCAN (MIM 11866 ; 5q14.2-q14.3) à partir d'une famille japonaise [86]. Puis, d'autres équipes ont successivement rapporté des variants pathogènes de VCAN dans des familles d'origines ethniques diverses, notamment d'Europe, du Japon, des États-Unis, du Canada et de Chine [84 , 87 , 88].
Le gène VCAN code pour la versicane, une chondroïtine sulfate protéoglycane représentant 5 % à 15 % du contenu protéique total du gel vitréen, où elle joue un rôle crucial dans le maintien de la structure du vitré. La versicane possède différents domaines fonctionnels/structuraux dont deux domaines centraux (codés par les exons 7 et 8) qui sont les points d'ancrage des chaînes de glycosaminoglycanes (GAG), jouant un rôle essentiel dans la physiopathogénie de la maladie de Wagner [86]. En effet, VCAN peut produire quatre transcrits différents par épissage alternatif physiologique des exons 7 et 8, conduisant à quatre isoformes de versicane (V0, V1, V2 et V3) ayant un nombre variable de chaînes de GAG, dont le rôle est majeur dans l'agencement correct des fibres de collagène et permettant au vitré d'acquérir ses propriétés physiques [86 , 87].
Jusqu'à ce jour, les variants associés à la maladie de Wagner conduisent tous à un déséquilibre quantitatif des isoformes de la versicane, avec la production excessive des isoformes V2 et V3 (ne comprenant pas l'exon 8 qui code pour le domaine protéique ayant le nombre le plus élevé de sites de fixation des chaînes de GAG) et une diminution des isoformes V0 et V1 (comprenant l'exon 8). La conséquence serait la production d'une versicane présentant une réduction sévère du nombre de GAG, ce qui altérerait les propriétés structurales du vitré, conduisant à un processus de liquéfaction prématurée et une dégénérescence du vitré [88 , 89]. Deux types d'anomalies moléculaires entraînent ce défaut d'épissage de VCAN : soit des variants d'épissage altérant les séquences consensus donneur ou accepteur d'épissage de l'exon 8, soit des délétions complètes ou partielles emportant au moins un des deux sites d'épissage de l'exon 8 [81 , 82 , 84 , 86-87-88-89].
Prise en charge clinique
Il existe seulement un cas rapporté de cerclage préventif associé à une photocoagulation laser extensive chez un patient de 9 ans présentant un syndrome de Wagner et ayant été suivi pendant 2,5 ans [ 90]. Très peu de cas ont été rapportés concernant la prise en charge chirurgicale chez des patients avec une confirmation génétique de syndrome de Wagner et DR. Les cas rapportés ont été opérés par chirurgie ab externo , vitrectomie ou procédure combinée [91-92-93].
Syndrome de Knobloch
Introduction
Le syndrome décrit par l'ophtalmologue William Hunter Knobloch en 1971 se caractérise classiquement par la triade : myopie forte, dégénérescence vitréorétinienne, souvent accompagnée d'un DR durant l'enfance, et encéphalocèle occipitale (aplasie cutanée, encéphalocèle, défauts osseux) [24]. Il est transmis selon le mode autosomique récessif. Sa prévalence est encore inconnue, mais les diagnostics sont posés de manière non exceptionnelle.
Caractéristiques cliniques utiles pour le diagnostic
Âge d'apparition, circonstances de découverte
Les premiers symptômes apparaissent dans l'enfance, le plus souvent sous forme d'une rétinopathie atypique, parfois asymétrique, chez un enfant présentant fréquemment des anomalies du développement psychomoteur. La myopie, précoce, est d'importance variable, souvent forte.
Psychophysique et électrophysiologie typiques
L'acuité visuelle est rarement normale. Il existe un scotome central en lien avec une maculopathie. L'ERG global montre typiquement une altération des réponses issues des systèmes des cônes et des bâtonnets prédominant sur le premier.
Aspect ophtalmoscopique typique avec imagerie rétinienne
Le phénotype oculaire peut inclure une subluxation du cristallin, une cataracte à début précoce, des anomalies de l'iris avec transillumination irienne qui, associée parfois à une hypopigmentation du fond d'œil, peut conduire à un diagnostic erroné d'albinisme, une dystrophie rétinienne sévère de type cônes-bâtonnets avec souvent un pseudo-colobome maculaire [94 , 95].
Histoire naturelle de la forme standard, complications potentielles et pronostic
Il existe une grande variabilité phénotypique, avec des atteintes à la fois du segment antérieur et du segment postérieur de l'œil conduisant souvent à une malvoyance profonde avant l'âge de 20 ans. Les DR peuvent survenir très tôt.
Pathologies associées
L'encéphalocèle occipitale est un élément spécifique. Dans sa forme complète, elle associe défauts osseux, méningo-encéphalocèle et aplasie cutanée ; cependant, elle n'est pas constante et peut être présente a minima. Les autres manifestations extra-ophtalmiques comprennent des malformations cérébrales (malformation de Dandy-Walker et polymicrogyrie), une épilepsie, une déficience intellectuelle, des malformations rénales, une hypoplasie de la face médiane avec micrognathie, des anomalies dentaires, une hypoplasie pulmonaire et des articulations hyperextensibles [96].
Diagnostics différentiels
Les autres collagénopathies et les autres dystrophies cônes-bâtonnets constituent les principaux diagnostics différentiels.
Génétique
Le syndrome de Knobloch est transmis sur un mode autosomique récessif et résulte de variants bialléliques dans le gène COL18A1 (MIM 120328) qui code pour la chaîne α-1 du collagène XVIII, un protéoglycane à héparane sulfate [97] (voir tableau 13-3
Tableau 13-3
Gènes impliqués dans les syndrome de Stickler, de Wagner et de Knobloch.
Pathologie
Gène et produit
Transmission
Présentation oculaire
Phénotype du vitré
Atteinte extraoculaire
Stickler type 1 (MIM 108300) Dysplasie spondylo-épiphysaire congénitale, dysplasie de Kniest
COL2A1 (MIM 120140) 12q13.11 Chaîne pro-α1 (II) Fibres de collagène type II (homotrimère) Constituant majeur du vitré
AD
Myopie forte, peu évolutive Décollement de rétine rhegmatogène +++ Cataracte, glaucome Dégénérescence palissadique Plages d'atrophie chroriorétinienne et altérations pigmentaires
Vitré « membraneux » : gel vestigial bordé d'une membrane plissée dans un vitré optiquement vide Aspect non évolutif
Forme syndromique : surdité, fente palatine/séquence de Pierre-Robin, dysmorphie faciale, arthropathie, hyperlaxité ligamentaire
Forme oculaire pure (variants dans l'exon 2)
Stickler type 2 (MIM 604841) Fibrochondrogenèse (MIM 228520)
COL11A1 (MIM 120280) 1p21.1 Chaîne pro-α1 (XI) Fibres de collagène type XI (hétérétrimère) Constituant mineur du vitré
AD/AR
Myopie modérée à forte Cataracte +++ Décollement de rétine rhegmatogène +
Myopie modérée à forte Décollement de rétine rhegmatogène
Vitré « hypoplasique »
Oui Surdité modérée à sévère
Syndrome de Wagner (MIM 143200)
VCAN (MIM 118661) 5q14.2-q14.3 Chondroïtine sulfate protéoglycane : versicane 5–15 % du contenu protéique total du gel vitréen
AD
Myopie modérée à forte Décollement de rétine rhegmatogène et tractionnel Dégénérescence chroriorétinienne Strabisme avec pseudo-exotropie et augmentation de l'angle kappa, dysgénésie de l'angle iridocornéen, glaucome congénital, uvéite
Synérèse du vitré et anomalies de l'interface vitréorétinienne Vitré optiquement vide Voiles avasculaires et de membranes vitréennes prérétiniennes circonférentielles
Non
Syndrome de Knobloch (MIM 267750)
COL18A1 (MIM 120328) 21q22.3 Chaîne α1 du collagène de type XVIII Protéoglycane des membranes basales épithéliales et endothéliales
AR
Myopie modérée à sévère, décollement de rétine, dégénérescence vitréorétinienne avec dystrophie rétinienne cônes-bâtonnets, pseudo-colobome/atrophie de la macula, anomalies iriennes (absence des cryptes, transillumination), subluxation/ectopie du cristallin, opacité périnuclaire postérieure du cristallin, glaucome
Condensations vitréennes fibrillaires blanches
Oui Anomalies de la région occipitale allant d'un défaut du cuir chevelu à l'encéphalocèle Autres malformations du système nerveux central Anomalies urinaires
AD : autosomique dominant ; AR : autosomique récessif.
). Le collagène XVIII fait partie des collagènes non fibrillaires, associé aux membranes basales épithéliales et endothéliales de nombreux tissus oculaires et neuronaux [95]. Il joue un rôle important au cours du développement embryonnaire de l'œil, des vaisseaux rétiniens, de la migration neuronale et de la fermeture du tube neural [97 , 98].
Le gène COL18A1 comprend 43 exons et produit, par épissage et promoteurs alternatifs, trois isoformes ayant une expression spatiale et temporale spécifiques [99]. Le collagène XVIII est un homotrimère formé de trois chaînes α-1, chacune étant organisée en domaines protéiques modulaires avec un domaine central « collagénique » en triple hélice et une partie C-terminale qui subit un clivage protéolytique physiologique libérant un fragment peptidique de 20 kDa, nommé endostatine. L'endostatine est une matricryptine qui a des activités qui lui sont propres, notamment une activité anti-angiogénique et antitumorale [ 100]. L'endostatine est également retrouvée au sein des dépôts amyloïdes et est colocalisée avec le peptide β-amyloïde au niveau des cerveaux des patients atteints de la maladie d'Alzheimer [101].
Les souris invalidées pour le gène Col18a1 présentent, outre des anomalies fonctionnelles et morphologiques de l'EPR et des photorécepteurs, des dépôts entre la membrane de Bruch et de l'EPR dont l'aspect ultrastructural évoque celui observé au cours de la DMLA. Ces souris présentent un retard de la régression de l'artère hyaloïde et une vascularisation rétinienne anormale, renforçant un rôle majeur du COLXVIII dans l'angiogenèse. Ainsi, le collagène XVIII est une molécule très complexe et impliquée dans des pathologies humaines diverses, bien au-delà du rare syndrome de Knobloch.
Le mécanisme pathogénique moléculaire prédominant associé au syndrome de Knobloch est un mécanisme de perte de fonction de COL18A1 . La majorité des variants associés à ce syndrome sont des variants « décalants » résultant de délétions ou d'insertions d'un nombre variable de nucléotides conduisant à un décalage du cadre de lecture avec apparition prématurée d'un codon d'arrêt de la traduction et la destruction de l'ARNm muté par le système nonsense-mediated mRNA decay . La majorité des variants associés à des formes sévères et syndromiques sont localisés au niveau de la partie C-terminale, au niveau des exons 32 jusqu'à 42, conduisant à une protéine tronquée affectant toutes les isoformes du COLXVIII. Seules quelques familles sont rapportées avec des phénotypes oculaires moins sévères associés à des variants localisés dans la partie N-terminale et n'entraînant qu'une déficience de l'isoforme la plus courte.
Prise en charge clinique
Il n'existe pas d'études évaluant la prévention du DR dans le syndrome de Knobloch. Un seul cas de traitement prophylactique par cerclage scléral de l'œil adelphe d'un patient de 24 mois ayant présenté un DR a été rapporté, avec un suivi de 4 ans sans DR.
Concernant le traitement du DR, une étude récente [102] portant sur 50 patients atteints de syndrome de Knobloch, dont 75 % avaient une confirmation génétique, a montré que, sur les 100 yeux, 48 % ont développé un DR à un âge moyen de 6,5 ans. Le suivi moyen était de 7,7 ans (intervalle de 6 mois à 24,3 ans). Le DR était associé à un trou maculaire dans 33 % des cas. Cette association peut facilement passer inaperçue chez les enfants, mais elle doit être recherchée en présence d'une forte myopie, d'une dégénérescence vitréorétinienne et d'une encéphalocèle [103]. Dans l'étude mentionnée ci-dessus [102], le taux global de succès après une seule intervention chirurgicale était de 36 %, tandis que le taux de succès anatomique final était de 70 %. Le DR associé à un trou maculaire présentait un pronostic légèrement plus défavorable, avec un taux de succès anatomique final de 58 %. La vitrectomie avec indentation sclérale adjuvante et tamponnement par huile de silicone offrait le taux de succès le plus élevé après une seule intervention (62,2 %). Pour les yeux avec une acuité visuelle corrigée mesurable, celle-ci est passée de 20/320 en préopératoire à 20/500 en postopératoire.
À retenir
Les vitréorétinopathies non exsudatives comprennent les collagénopathies (dont les syndromes de Stickler et de Knobloch) et les versicanopathies (syndrome de Wagner). La transmission, variable selon les syndromes, est le plus souvent dominante.
Elles se caractérisent essentiellement par des anomalies du corps vitré, qui induisent une croissance oculaire pathologique in utero (myopie congénitale) et des anomalies rétiniennes, pour la plupart secondaires aux premières. Les collagénopathies comportent aussi des signes extraoculaires.
La complication oculaire la plus fréquente est le décollement de rétine, souvent précoce. La prise en charge vise notamment à éviter sa survenue.
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