- groupe 1 : accumulation ou carence de petites molécules simples, détectables par des marqueurs métaboliques dans les échantillons biologiques des patients, dont les maladies par intoxication aux protéines ou aux sucres;
- groupe 2 : troubles de la production ou d'utilisation de l'énergie au sein des organes : maladies métaboliques énergétiques, dont les enzymes déficitaires sont cytosoliques ou mitochondriales;
- groupe 3 : maladies du métabolisme des molécules complexes avec perturbation de la synthèse, du contrôle de qualité et/ou du catabolisme de molécules peu solubles dans l'eau, ou peu diffusibles, dont les enzymes sont localisées dans le cytosol ou d'autres organites de la cellule : lysosome, réticulum endoplasmique, appareil de Golgi, peroxysome, etc.
- Maladies du groupe 1 : atrophie gyrée de la rétine, déficit en cobalamine C, déficit en glutathion synthétase.
- Maladies du groupe 2 : certains déficits de l'oxydation des acides gras (déficit en LCHAD ou MTP), les maladies mitochondriales (voir chapitre 23). Une atteinte rétinienne est également présente dans l'abêtalipoprotéinémie, maladie génétique concernant le métabolisme des lipides et qui sera abordée dans ce chapitre.
- Maladies du groupe 3 : ce groupe comprend notamment les anomalies de la glycosylation des protéines, les maladies peroxysomales et les maladies lysosomales.
- ORPHA : 414.
- Le déficit en ornithine aminotransférase (OAT) mitochondriale ou atrophie gyrée est causé par des mutations dans le gène OAT , qui code pour l'enzyme ornithine aminotransférase, une enzyme dépendante du phosphate de pyridoxal responsable de la dégradation de l'ornithine [4].
- Ce déficit résulte en une hyperornithinémie héréditaire, de transmission autosomique récessive avec, dans la plupart des cas, une atteinte rétinienne au premier chef.
- ORPHA : 79282.
- La maladie, de transmission autosomique récessive, est causée par des mutations du gène MMACHC codant pour une cyanocobalamine décyanase impliquée dans le métabolisme intracellulaire de la vitamine B12.
- ORPHA : 32.
- Le déficit en glutathion synthétase , de transmission autosomique récessive, est causé par des mutations du gène GSS codant pour la glutathion synthétase, qui catalyse la dernière étape de la synthèse du glutathion [7].
- Déficit en LCHAD (3-hydroxyacyl-coenzyme A déshydrogénase des acides gras à chaîne longue) : ORPHA : 5; déficit en enzyme trifonctionnelle : ORPHA : 746.
- La béta-oxydation des acides gras (OAG) permet la synthèse d'acétyl-CoA dont l'utilisation directe ou indirecte par le biais des corps cétoniques (CC) permet la fourniture de l'adénosine triphosphate (ATP) mitochondriale. L'OAG fait intervenir plusieurs enzymes et transporteurs.
- Les déficits isolés en LCHAD et le déficit en enzyme trifonctionnelle sont ceux qui s'accompagnent de rétinopathies [10] et sont de transmission autosomique récessive.
- ORPHA : 14.
- Il s'agit d'une forme sévère d'hypobêtalipoprotéinémie (HBL) familiale, autosomique récessive, caractérisée par une baisse permanente, sous le seuil du 5 e percentile de la population, du taux d'apolipoprotéine B (ApoB) et de cholestérol LDL ( low-density lipoprotein ), associée à des manifestations cliniques caractéristiques.
- L'abétalipoprotéinemie est due à des mutations du gène MTTP codant pour la protéine microsomal triglyceride transfer protein .
- Les autres HBL familiales sévères précoces sont de transmission codominante et sont dues à des mutations des deux allèles du gène APOB .
- Les troubles congénitaux de la glycosylation ( congenital disorders of glycosylation [CDG]) représentent au moins 200 maladies génétiques du métabolisme. Beaucoup de protéines dans l'organisme étant glycosylées, la synthèse d'une chaîne glycanique (sucres, principalement mannoses, galactoses, fucoses, N-acétylglucosamines et acides sialiques), puis son adressage aux protéines et la maturation des protéines devenues glycosylées sont nécessaires au bon fonctionnement de ces glycoprotéines [18].
- Les N-glycosylprotéines (N-GP) sont les plus courantes et les plus étudiées. Schématiquement, la synthèse des N-GP se fait en deux temps.
- Dans un premier temps, un oligosaccharide lipide précurseur de la chaîne glycanique débute sa synthèse dans le cytosol de la cellule, grâce à l'ajout séquentiel de monosaccharides (N-acétylglucosamines [GlcNAc], mannoses, glucoses) sur une ancre lipidique (dolichyl-phosphate) insérée dans la membrane du réticulum endoplasmique (RE). Le mannose est un élément essentiel de ces glycanes, fourni par le GDP-mannose dans le cytosol à partir de mannose intracellulaire, du glucose et du fructose alimentaire; puis l'oligosaccharide est transféré en bloc, dans la lumière du RE; la chaîne peptidique est synthétisée de façon concomitante dans le RE; puis l'oligosaccharide est transféré sur la chaîne peptidique.
- Dans un deuxième temps, la glycoprotéine est adressée dans l'appareil de Golgi où elle subit une maturation jusqu'à l'obtention de sa structure finale. La maturation golgienne amène les N-glycanes à des structures dites « complexes», comprenant des antennes formées de N-acétylglucosamine, de galactose, de fucose et d'acide sialique, mais dépourvues de glucose.
- Le groupe des CDG s'est ainsi constitué, comprenant les maladies associées à des erreurs innées métaboliques portant sur la N-glycosylation. Les différents groupes de CDG sont répartis en fonction de la localisation de l'étape bloquante. Les CDG I ont un défaut de synthèse du précurseur de la chaîne glycane, dans le cytosol ou le RE, et les CDG II ont un défaut concernant la maturation de cette chaîne dans l'appareil de Golgi.
- Les peroxysomes sont des organites intracellulaires ubiquitaires, siège de fonctions enzymatiques multiples. Les maladies peroxysomales sont dues à un déficit isolé d'une protéine ou d'une enzyme peroxysomale, ou encore à une anomalie plus globale de la biogenèse, de l'assemblage ou du fonctionnement des peroxysomes. Les anomalies de la biogenèse des peroxysomes sont dues à des mutations dans un des gènes PEX , codant pour une des peroxines, impliquées dans l'assemblage, la fission, la prolifération du peroxysome, ou dans l'importation des protéines de la matrice peroxysomale [27].
- Les déficits de biogenèse du peroxysome sont responsables du syndrome de Zellweger et d'un continuum d'entités cliniques de sévérités variables (adrénoleucodystrophie néonatale [ALD]), Refsum infantile, rares présentations à l'âge adulte) ainsi que de la chondrodysplasie ponctuée rhizomélique de type 1. Ces maladies sont responsables de symptômes neurologiques et rétiniens par déficit de synthèse d'acides gras polyinsaturés, notamment l'acide docosahéxanoïque (DHA) [28].
- Les peroxysomes sont le siège de multiples fonctions métaboliques, parfois tissu-spécifiques, dont : synthèse de plasmalogènes (phospholipides); synthèse de DHA; béta-oxydation peroxysomale qui dégrade les acides gras à très longue chaîne (AGTLC > 22 atomes de carbone); dégradation des acides phytanique et pristanique; métabolisme de l'acide pipécolique; et synthèse d'intermédiaires des acides biliaires.
- La béta-oxydation peroxysomale nécessite une activation des AGTLC en dérivés CoA et leur transport dans le peroxysome par des ATP- binding cassette sous-type D (ABCD 1 à 4). Le déficit d'ABCD1 cause l'adrénoleucodystrophie liée à l'X (X-ALD).
- Le déficit de l'alpha-oxydation de l'acide phytanique en acide pristanique est responsable de la maladie de Refsum adulte (fig. 21-6).
Fig. 21-6 Maladie peroxyzomale chez un enfant de 18 mois.a. Le fond d'œil peut paraître normal. b. L'OCT réalisé « à la volée» montre une lamination rétinienne anormale avec absence de lignes ellipsoïdes et de zone d'interdigitation, un épaississement et une hyperréflectivité de la rétine interne. Il existe un aspect kystique fovéal.
- ORPHA : 912.
- L'incidence est estimée à 1/50000-1/130000 naissances.
- Ce syndrome autosomique récessif est dû à des mutations dans un des multiples gènes PEX , responsables des fonctions des peroxines. Par ordre de fréquence, le gène PEX1 est muté dans plus de 70 % des syndromes de Zellweger.
- Selon l'activité résiduelle, il existe un spectre de sévérité allant de la forme la plus sévère, le syndrome de Zellweger, de début anténatal, souvent létale en quelques mois, à des formes plus modérées (adrénoleucodystrophie néonatale et Refsum infantile) et même des présentations tardives à l'âge adulte.
- ORPHA : 44.
- L'adrénoleucodystrophie néonatale est liée à l'altération d'un des 13 gènes PEX codant pour les peroxines entraînent une anomalie de la biogenèse du peroxysome.
- ORPHA : 772.
- La maladie de Refsum infantile est proche du syndrome de Zellweger. Cette atteinte de la biogenèse peroxysomale est moins sévère que dans le Zellweger, bien qu'il existe également une atteinte de toutes les fonctions peroxysomales.
- ORPHA : 43.
- Le gène ABCD1 code pour une protéine transmembranaire peroxysomale impliquée dans le transport des esters d'AGTLC du cytosol vers le peroxysome entraînant des atteintes du système nerveux central.
- La X-ALD est la plus fréquente des leucodystrophies chez les individus de sexe masculin, tous âges confondus. Les hommes développent tous une adrénomyéloneuropathie (classiquement entre 20 et 40 ans) et les formes cérébrales inflammatoires démyélinisantes touchent la majorité des sujets de sexe masculin.
- Les femmes hétérozygotes sont principalement à risque d'adrénomyéloneuropathie plus tardive (classiquement entre 40 et 60 ans), avec une pénétrance incomplète.
- la forme cérébrale inflammatoire , pouvant débuter chez le garçon dans l'enfance (35 % des garçons) ou chez l'homme adulte (> 50 %). Il s'agit d'une démyélinisation cérébrale conduisant à une maladie neurodégénérative sévère et rapide. Le début est insidieux, associant des troubles attentionnels, des difficultés scolaires ou professionnelles, sensorielles, des troubles de la marche ou de la coordination et des troubles psychiatriques [33]. Cette phase est suivie d'une dégradation neurologique rapide aboutissant en quelques mois à un état grabataire. La médiane de survie chez le garçon et l'homme est de 3 ans. L'IRM montre des anomalies progressives de la substance blanche, bilatérales, symétriques, se rehaussant souvent après injection de gadolinium;
- l' adrénomyéloneuropathie (AMN), qui associe une myélopathie et une neuropathie lentement progressives, débutant souvent entre 20 et 40 ans, avec une pénétrance complète au-delà de 60 ans. La clinique comporte des troubles de l'équilibre, une paraparésie spastique et des troubles sphinctériens;
- l' insuffisance surrénalienne (80 %), qui débute souvent dans l'enfance, mais peut survenir à tous les âges. La X-ALD est la première cause d'insuffisance surrénalienne du jeune garçon.
- ORPHA : 773.
- La maladie, autosomique récessive, est causée par des mutations des gènes PHYH (90 %) et PEX7 (10 %) qui résultent en une altération du métabolisme des lipides et du transport des protéines avec accumulation d'acide phytanique, qui est principalement (> 90 %) dégradé par alpha-oxydation dans les peroxysomes.
Sphingolipidoses
Maladie d'Austin
Maladie de Fabry
Maladie de Farber
Maladie de Gaucher
Maladie de Landing (GM1)
Maladie de Tay-Sachs et Sandhoff (GM2)
Maladie de Krabbe
Leucodystrophie métachromatique
Déficit en sphingomyélinase acide (ASMD) : maladie de Niemann-Pick A et B
Maladie de Niemann-Pick C (déficit en protéine transmembranaire C1, déficit en protéine soluble non enzymatique C2)
Déficit en lipase acide, maladie de Wolman
Déficit en sulfatase multiple
Galactosialidose
Mucopolysaccharidoses (MPS)
Maladie de Hurler/Scheie (MPS IH/S)
Maladie de Hunter (MPS II)
Maladie de Sanfilippo (MPS III A, B, C, D)
Maladie de Morquio A (MPS IVA), B?
Maladie de Maroteaux-Lamy (MPS VI)
Maladie de Sly (MPS VII)
Mucopolysaccharidose de type IX
Oligosaccharidoses
Maladie de Schindler/maladie de Kanzaki
Alpha-mannosidose et bêta-mannosidose
Alpha-fucosidose : sialidose (mucolipidose I; déficit en alpha-N-acétyl neuraminidase [sialidase]); aspartylglucosaminurie (déficit en aspartylglucosaminase
Lipidoses
Maladie de Niemann-Pick C et D
Céroïdes lipofuscinoses neuronales (CLN 1 à 14) lipofuscine à waxy pigment (ce groupe est parfois mis à part)
Maladie de Wolman
Maladies du transport lysosomal
Cystinose
Maladie de Danon
Cystinose
Déficit en protéases
Céroïde lipofuscinose
Pycnodysostose
Syndrome de Chediak-Higashi
Syndrome de Papillon-Lefèvre
Maladies lysosomales avec opacités cornéennes
Mucopolysaccharidose
Mucolipidose
Mannosidosie
Maladie de Farber
Fucosidose de type III
Déficit multiple en sulfatase
Maladie de Fabry
Cystinose
Maladies lysosomales avec cataracte
Maladie de Fabry
Céroïde lipofuscinose (forme juvénile)
Oligosaccharidoses : α-mannosidose, sialidose
Maladie lysosomales avec tache rouge cerise
Maladie de Tay-Sachs
Maladie de Sandhoff
Maladie de Niemann-Pick de type A
Maladie de Gaucher de type II
Maladie de Farber
Sialidose de types I et II
Galactosialidose
Gangliosidose à GM1
Déficit en protéine activatrice GM2-activator protein deficiency
Maladies lysosomales avec rétinopathie pigmentaire
Céroïde lipofuscinose
Toutes
- ORPHA : 79213.
- Les MPS sont des maladies de surcharge lysosomale dues à des déficits enzymatiques responsables de l'accumulation de mucopolysaccharides ou glycosaminoglycanes (GAG). Les principales molécules accumulées sont : le dermatane sulfate, constituant principal des tissus de soutien, l'héparane sulfate, principal constituant de la membrane cellulaire, le kératane sulfate et la chondroïtine sulfate, qui sont présents dans les os, le cartilage et la cornée.
- L'incidence cumulée de 1 pour 25000 à 1 pour 30000 naissances.
- Les atteintes comportent de façon variée : une dysmorphie faciale avec des traits grossiers et une peau épaisse, une macrocrânie, une hypoplasie de la racine du nez, des cheveux épais et drus, une macroglossie, des anomalies dentaires, des infections récidivantes, une surdité, des valvulopathies, une hépatosplénomégalie, des hernies abdominales, des déformations squelettiques – petite taille, scoliose, raideur articulaire, dysostose multiple. Des manifestations neurologiques sont présentes dans certaines formes de MPS. Les manifestations ophtalmologiques sont fréquentes et ont un retentissement souvent sévère.
- Elles sont toutes autosomiques récessives, à l'exception de la MPS II qui est liée à l'X.
- La MPS I présente un continuum phénotypique :
- la maladie de Hurler ou MPS I-H est la forme la plus sévère, avec une atteinte multiviscérale et neurologique progressive; la maladie de Scheie ou MPS I-S, la moins sévère, n'a pas d'atteinte cognitive progressive; la maladie de Hurler-Scheie ou MPS I-HS est une forme intermédiaire.
- La MPS II ou maladie de Hunter se distingue en deux sous-types :
- MPS IIA, où il existe une atteinte viscérale et neurodégénérative;
- MPS IIB, sans atteinte neurodégénérative.
- La MPS III ou maladie de Sanfilippo est principalement neurologique.
- La MPS IV ou maladie de Morquio a des manifestations ostéoarticulaires au premier plan.
- La MPS VI ou maladie de Maroteaux-Lamy se présente comme la MPS I. Les présentations cliniques varient à travers un continuum phénotypique, d'une forme rapidement progressive au sein de laquelle prédominent la petite taille et une atteinte multiviscérale sévère jusqu'à une forme lentement progressive dans laquelle le tableau est dominé par une atteinte ostéoarticulaire, cardiopulmonaire et ophtalmologique, alors que la taille peut être normale.
- La MPS VII ou maladie de Sly et la MPS IX (déficit en hyaluronidase) sont exceptionnelles (moins de 10 cas en France) (encadré 21-3).Encadré 21-3Signes cliniques principaux des mucopolysaccharidoses (MPS)
MPS IH : opacification de la cornée, hépatosplénomégalie, déformations du squelette (dysostose multiple), traits faciaux grossiers, langue large, front proéminent, raideur articulaire et petite taille; obstruction des voies respiratoires supérieures, otites récurrentes, respiration bruyante et écoulement nasal persistant; hirsutisme, perte d'audition, hydrocéphalie et déficience intellectuelle.
MPS I-H/S : caractéristiques plus légères; intelligence normale et micrognathie; opacification de la cornée, raideur articulaire et maladie cardiaque.
MPS IS : valvulopathie aortique, opacification de la cornée et raideur articulaire; intelligence et stature normales.
MPS II (forme sévère) : lésions cutanées ivoire sur le dos, les bras et les cuisses; traits faciaux grossiers, déformations squelettiques et raideur articulaire; dégénérescence rétinienne avec cornée claire et hydrocéphalie, déficience intellectuelle et comportement agressif.
MPS II (forme légère) : caractéristiques similaires, mais avec une progression beaucoup plus lente; intelligence normale et pas d'hydrocéphalie; déficience auditive et perte de la fonction des mains.
MPS III : la plus fréquente des MPS; atteinte sévère du système nerveux central et atteinte somatique minime; cheveux drus, hirsutisme, légère hépatosplénomégalie et hypertrophie de la tête; parfois, légère dysostose multiplex et raideur articulaire; finalement, vers l'âge de 8-10 ans, déficience intellectuelle profonde avec comportement social très perturbé.
MPS IV (sévère) : atteinte orthopédique (dysplasie spondylo-épiphysaire) comme premier résultat; préservation de l'intelligence; genu valgum, petite taille, courbure de la colonne vertébrale, hypoplasie de l'odontoïde, laxité ligamentaire et instabilité atlanto-axiale.
MPS IV (légère) : progression beaucoup plus lente de la dysplasie squelettique.
MPS VI : caractéristiques très similaires à celles de la MPS IH.
MPS VII : caractéristiques similaires à celles de la MPS IH.
MPS IH : opacification de la cornée, hépatosplénomégalie, déformations du squelette (dysostose multiple), traits faciaux grossiers, langue large, front proéminent, raideur articulaire et petite taille; obstruction des voies respiratoires supérieures, otites récurrentes, respiration bruyante et écoulement nasal persistant; hirsutisme, perte d'audition, hydrocéphalie et déficience intellectuelle.
MPS I-H/S : caractéristiques plus légères; intelligence normale et micrognathie; opacification de la cornée, raideur articulaire et maladie cardiaque.
MPS IS : valvulopathie aortique, opacification de la cornée et raideur articulaire; intelligence et stature normales.
MPS II (forme sévère) : lésions cutanées ivoire sur le dos, les bras et les cuisses; traits faciaux grossiers, déformations squelettiques et raideur articulaire; dégénérescence rétinienne avec cornée claire et hydrocéphalie, déficience intellectuelle et comportement agressif.
MPS II (forme légère) : caractéristiques similaires, mais avec une progression beaucoup plus lente; intelligence normale et pas d'hydrocéphalie; déficience auditive et perte de la fonction des mains.
MPS III : la plus fréquente des MPS; atteinte sévère du système nerveux central et atteinte somatique minime; cheveux drus, hirsutisme, légère hépatosplénomégalie et hypertrophie de la tête; parfois, légère dysostose multiplex et raideur articulaire; finalement, vers l'âge de 8-10 ans, déficience intellectuelle profonde avec comportement social très perturbé.
MPS IV (sévère) : atteinte orthopédique (dysplasie spondylo-épiphysaire) comme premier résultat; préservation de l'intelligence; genu valgum, petite taille, courbure de la colonne vertébrale, hypoplasie de l'odontoïde, laxité ligamentaire et instabilité atlanto-axiale.
MPS IV (légère) : progression beaucoup plus lente de la dysplasie squelettique.
MPS VI : caractéristiques très similaires à celles de la MPS IH.
MPS VII : caractéristiques similaires à celles de la MPS IH.
| MPS type | Nom | Gène | Enzyme déficitaire | GAG |
|---|---|---|---|---|
| MPS I H MPS I S MPS I H/S | Hurler Scheie Hurler-Scheie | IDUA (4p16) | α-L-iduronidase α-L-iduronidase α-L-iduronidase | HS, DS HS, DS HS, DS |
| MPS II | Hunter | X | Iduronate-2-sulfatase | HS, DS |
| MPS III A | Sanfilippo | 17q25.3 | Héparan N-sulfatase | HS |
| MPS III B | 17q21.1 | α-N-acétylglucosaminidase | HS | |
| MPS III C | 8p11.1 | Acétyl-CoA : | ||
| MPS III D | 12q14 | α-glucosaminide acétyltransférase | HS | |
| N-acétylglucosamine-6-sulfatase | HS | |||
| MPS IV A MPS IV B | Morquio | GALNS (16q24.3) GLB1(3p21.33) | N-acétylgalactosamine-6-sulfatase β-galactosidase | KS |
| MPS VI | Maroteaux-Lamy | ARSB (5q13-q14) | N-acétylgalactosamine-4-sulfatase | DS |
| MPS VII | Sly | GUSD (7q21-q22) | β-glucuronidase | HS, DS |
| MPS IX | Déficit en hyaluronidase | HYAL1 (3p21) | Hyaluronidase | HA |
DS : dermatan sulfate; GAG : glycosaminoglycane; HA : acide hyaluronique; HS : héparane sulfate; KS : kératane sulfate. Adapté de Nagpal R, Goyal RB, Priyadarshini K, et al. Mucopolysaccharidosis : A broad review. Indian J Ophthalmol 2022 ; 70(7) : 2249-2261. doi:10.4103/ijo.IJO_425_22.
| MPS type | Nom | Gène | Enzyme déficitaire | GAG |
|---|---|---|---|---|
| MPS I H MPS I S MPS I H/S | Hurler Scheie Hurler-Scheie | IDUA (4p16) | α-L-iduronidase α-L-iduronidase α-L-iduronidase | HS, DS HS, DS HS, DS |
| MPS II | Hunter | X | Iduronate-2-sulfatase | HS, DS |
| MPS III A | Sanfilippo | 17q25.3 | Héparan N-sulfatase | HS |
| MPS III B | 17q21.1 | α-N-acétylglucosaminidase | HS | |
| MPS III C | 8p11.1 | Acétyl-CoA : | ||
| MPS III D | 12q14 | α-glucosaminide acétyltransférase | HS | |
| N-acétylglucosamine-6-sulfatase | HS | |||
| MPS IV A MPS IV B | Morquio | GALNS (16q24.3) GLB1(3p21.33) | N-acétylgalactosamine-6-sulfatase β-galactosidase | KS |
| MPS VI | Maroteaux-Lamy | ARSB (5q13-q14) | N-acétylgalactosamine-4-sulfatase | DS |
| MPS VII | Sly | GUSD (7q21-q22) | β-glucuronidase | HS, DS |
| MPS IX | Déficit en hyaluronidase | HYAL1 (3p21) | Hyaluronidase | HA |
DS : dermatan sulfate; GAG : glycosaminoglycane; HA : acide hyaluronique; HS : héparane sulfate; KS : kératane sulfate. Adapté de Nagpal R, Goyal RB, Priyadarshini K, et al. Mucopolysaccharidosis : A broad review. Indian J Ophthalmol 2022 ; 70(7) : 2249-2261. doi:10.4103/ijo.IJO_425_22.
- ORPHA : 618899.
- Le déficit en sphingomyélinase acide aboutit à une accumulation de sphingolipides dans de nombreuses cellules, en particulier les macrophages et les hépatocytes.
- Cette maladie de transmission autosomique récessive est ultra-rare (0,5/100100 naissances).
- type A : volumineuse hépatosplénomégalie, troubles neurologiques sévères : déficit cognitif, ataxie, décès dans les premières années de vie entre 2 et 4 ans;
- type A-B : forme intermédiaire, avec hépatosplénomégalie, atteinte interstitielle pulmonaire;
- type B : premiers symptômes dans l'enfance, l'adolescence, ou l'âge adulte; splénomégalie isolée, puis hépatomégalie, évolution possible vers la cirrhose, atteinte interstitielle pulmonaire pouvant évoluer vers l'insuffisance respiratoire. Il n'y a pas d'atteinte neurologique.
- ORPHA : 333.
- Il existe cinq types de maladie de Farber ou lipogranulomatose disséminée liés à un déficit en céramidase acide.
- Ces affections autosomiques récessives sont ultra-rares, avec seulement 200 cas rapportés dans la littérature.
- La céramidase hydrolysant le céramide en sphingosine et acide gras, son déficit provoque l'accumulation intracellulaire de céramide.
- Type 1 : il se caractérise par la présence d'une polyarthrite, d'une atteinte laryngée, d'une néphropathie, de polyadénopathies. Il se manifeste dans la petite enfance par un cri rauque ou des articulations gonflées et sensibles, suivis du développement de nodules sous-cutanés, de papules couleur chair et de tumeurs ou nodules péri-articulaires. Les signes cliniques comprennent un grossissement des traits du visage, une ostéopénie et une neurodégénérescence.
- Types 2 et 3 : le développement intellectuel est normal; l'atteinte ostéoarticulaire est moins importante avec de nombreux patients qui sont stables à 30 ans.
- Type 4 : il se caractérise par une hépatosplénomégalie, une détresse néonatale, un décès avant 6 mois secondaire à une infiltration massive histiocytaire (foie, rate, poumon, thymus).
- Type 5 : la régression psychomotrice est observée vers 1 an à 2 ans et demi, avec la présence d'une tache rouge cerise maculaire.
- ORPHA : 216.
- Les CLN constituent un groupe de maladies (CLN 1 à CLN 14) désignant des maladies neurodégénératives caractérisées par une accumulation essentiellement neuronale de lipopigments autofluorescents (céroïde et lipofuscine).
- Les CLN sont dues à différentes enzymes déficientes ou à un défaut d'une protéine membranaire (CLN 3).
- Le mode de transmission est autosomique récessif; seule la rare forme de l'adulte liée au gène DNACJ5 est à transmission dominante.
- La maladie est liée à l'accumulation de lipopigments autofluorescents (céroïde et lipofuscine) dans les neurones.
| Gène (locus) | Protéine | Formes cliniques |
|---|---|---|
| CTSD (CLN10) | Cathepsine D | Congénitale Infantile tardive, juvénile, adulte |
| PPT1 (CLN1) | Palmitoyl protéine thioestérase 1 (PPT1) | Infantile classique Infantile tardive, juvénile, adulte |
| KCTD7 (CLN14) | Protéine KCTD7 (potassium channel tetramerization domain-containing protein 7) | Infantile, infantile tardive (rare) Épilepsie myoclonique progressive Opsoclonus-myoclonus ataxia-like syndrome |
| TPPI (CLN2) | Tripeptidyl peptidase 1 (TPP1) | Infantile tardive classique Juvénile, ataxie spinocérébelleuse récessive de type 7 (SCAR7) |
| CLN5 (CLN5) | Protéine CLN5 | Infantile tardive Juvénile, adulte |
| CLN6 (CLN6) | Protéine CLN6 | Infantile tardive Adulte type A Kufs Ataxie cérébelleuse juvénile |
| MFSD8 (CLN7) | Protéine MFSD8 (major facilitator domain-containing protein 8) | Infantile tardive Juvénile, prolongée Adult macular or cone-rod dystrophy |
| CLN8 (CLN8) | Protéine CLN8 | Infantile tardive Prolongée Northern epilepsy (EPMR) |
| CLN3 (CLN3) | Protéine CLN3 | Juvénile classique Prolongée Myopathie autophagique vacuolaire, rétinite pigmentaire, dystrophie à cône-bâtonnet adulte |
| ATP13A2 (CLN12) | Protéine ATP13A2 | Juvénile (rare) Syndrome de Kufor-Rakeb, paraplégie spastique héréditaire (SPG78), juvenile onset amyotrophic lateral sclerosis-like |
| DNAJC5 (CLN4) | Protéine CSPα (cystein-string protein alpha) | Adulte type A Kufs (dominant) |
| CTSF (CLN13) | Cathepsine F | Adulte type B Kufs |
| GRN (CLN11) | Progranuline | Adulte Frontotemporal lobar dementia (hétérozygote) |
Les différents loci sont notés en fonction de l'âge de début des principaux signes. Les phénotypes non-CLN associés aux mêmes gènes sont indiqués en italique. Les gènes ATP13A2 et KCTD7 ont été rarement impliqués dans les CLN. Adapté de Rodrigues D, de Castro MJ, Crujeiras P, et al. The LINCE project : A pathway for diagnosing NCL2 disease. Front Pediatr 2022 ; 10 : 876688. Published 2022 Mar 29. doi:10.3389/fped.2022.876688.
- ORPHA : 354.
- La maladie, autosomique récessive (prévalence : 1/100000 à 1/200000), se caractérise par des signes neuroviscéraux, dysmorphiques et ophtalmologiques. Les manifestations ophtalmologiques, courantes, peuvent aider au diagnostic, surtout dans les formes infantiles de la maladie.
- La maladie est due à un déficit en bêta-galactosidase provoquant une accumulation de gangliosides GM1 et de son dérivé asialo-GA1 dans les organes, en particulier le système nerveux central.
- Le type 1 infantile précoce débute avant 6 mois. D'évolution rapide et sévère, il associe : régression psychomotrice avec hypotonie, hépatosplénomégalie, cardiomyopathie, atteinte squelettique, taches mongoloïdes, troubles squelettiques, tache rouge cerise. Le décès survient entre 2 et 4 ans.
- Le type 2 infantile tardif débute entre 1 et 5 ans et se caractérise par une régression psychomotrice survenant entre 12 et 24 mois, une ataxie, une épilepsie, un strabisme. Les signes viscéraux sont discrets. Le décès survient dans la 2 e décennie.
- Le type 2 juvénile se caractérise par un développement normal jusqu'à 5 ans, puis des troubles de la parole, de la marche et une épilepsie. Il n'y a pas d'organomégalie, mais des anomalies osseuses sont possibles (ostéonécrose des têtes fémorales). La survie est possible jusqu'à la 4 e décennie.
- Le type 3, de début variable, est souvent diagnostiqué à l'âge adulte devant des symptômes évoquant une maladie neurologique dégénérative sans atteinte viscérale, ni de tache rouge cerise. Il associe des troubles cérébelleux, une démence progressive avec ataxie, dysarthrie, et des anomalies vertébrales modérées.
- ORPHA : 309152.
- La maladie de Tay-Sachs, autosomique récessive, est une maladie neurodégénérative exceptionnelle apparaissant dans l'enfance. Le développement initial est normal, puis la régression psychomotrice survient. Les atteintes viscérales sont plus rares que dans la GM1.
- Le déficit enzymatique est celui de la b-hexosaminidase A et B avec accumulation de gangliosides.
- ORPHA : 355.
- Le déficit enzymatique en cause est celui de la bêta-glucocérébrosidase encore appelée β-glucosidase acide.
- La transmission est autosomique récessive et la prévalence de la maladie est de 1/60000 à 1/100000.
- La maladie de Gaucher de type 1 touche particulièrement les Juifs ashkénazes chez qui la prévalence est de 1/1000.
- La maladie de Gaucher de type 3 est plus fréquente en Asie.
- Le déficit conduit à une accumulation du substrat, le glucocérébroside (lipide complexe constituant de la membrane cellulaire) dans les macrophages de divers organes (rate, foie, poumons, moelle osseuse) et de son produit désacylé, le lysosphingosine (ou LysoGB1).
- Les macrophages remplis de lysosomes contenant le substrat non dégradé s'appellent les cellules de Gaucher.
- le type 1 (95 % des cas) : l'âge médian des premiers symptômes est de 15 ans. Le début, insidieux et d'évolution chronique, associe asthénie, hépatomégalie, splénomégalie responsable de cytopénie (en particulier la thrombopénie source de saignement), atteinte osseuse (ostéonécrose, infarctus osseux, etc.), retard de croissance et/ou pubertaire;
- le type 2 (< 1 %), d'expression neurologique à début précoce et d'évolution rapide vers le décès avant l'âge de 2 ans associant irritabilité, régression du développement, hypertonie ou hypotonie; paralysie supranucléaire avec strabisme jusqu'à l'ophtalmoplégie; épilepsie, myoclonies; dysphagie, difficultés alimentaires, cachexie;
- le type 3 (< 5 %) : il débute dans l'enfance ou l'adolescence. Il comporte l'atteinte systémique décrite dans le type 1, associée à une atteinte neurologique progressive, avec des anomalies ophtalmologiques souvent non symptomatiques, décelées à l'examen clinique (ophtalmoplégie avec paralysie du regard horizontal, anomalies des saccades, strabisme convergent), et des signes neurologiques : décalage puis régression du développement psychomoteur; syndrome cérébelleux statique et cinétique; signes extrapyramidaux (dont dystonie) et syndrome pyramidal; épilepsie, myoclonies; troubles du spectre autistique, déficience intellectuelle. Certains patients ont une cyphose parfois sévère. Des calcifications des valves cardiaques sont spécifiques du génotype D409H/D409H, qui est exceptionnel en France.
- ORPHA : 61; 309288; 309282; 118.
- La mannosidose alpha et la mannosidose bêta (autosomiques récessives) se manifestent par l'accumulation de mannose riche en oligosaccharides dans divers tissus.
- Les manifestations ophtalmologiques des mannosidoses sont moins fréquentes que dans d'autres maladies lysosomales. Les déficits enzymatiques s'observent au niveau de l'alpha-mannosidase et de la bêta-mannosidase.
- ORPHA : 87876.
- Le déficit enzymatique est au niveau de l'alpha-D-acétylneuraminidase ou de la sialidase, provoquant des dépôts de gangliosides dans les cellules ganglionnaires rétiniennes.
- ORPHA : 79280.
- Cette maladie lysosomale, autosomique récessive, extrêmement rare (quelques cas dans le monde; moins de 1/1000000) est liée à une déficience enzymatique de l'alpha-N-acétylgalactosaminidase (alpha NAGA) qui provoque l'accumulation de substrats dans divers tissus.
- Les manifestations ophtalmologiques sont peu fréquentes.
- L'accumulation de substrats dans les tissus provoquant en particulier une dystrophie axonale.
- ORPHA : 578.
- Cette maladie est liée à une production de mucolipine anormale et dysfonctionnelle.
- Le mode de transmission est autosomique récessif.
- La maladie est très rare et plus fréquente chez les Juifs ashkénazes (incidence 1/40000).
- La mucolipine est une protéine cationique jouant le rôle de canal ionique dans le lysosome. L'anomalie génétique crée une mucolipine anormale qui perturbe l'équilibre ionique du lysosome.
- ORPHA : 213.
- Il s'agit d'une maladie multisystémique se manifestant par l'accumulation de cystine dans les tissus, en particulier les reins et les yeux, en raison d'un déficit du transporteur de cystine à travers les membranes cellulaires.
- La cystinosine, qui est le transporteur de la cystine, est absente ou déficiente, provoquant l'accumulation de la cystine dans le lysosome. La cystine, peu soluble au pH acide du lysosome, forme des cristaux de cystine dans les tissus.
- ORPHA : 351.
- Des variants dans le gène CTSA entraînent un déficit combiné en bêta-galactosidase lysosomale et en neuraminidase en raison d'un défaut primaire de la protéine.