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Chapitre 46
Restauration visuelle – Des prothèses aux interfaces cerveau-machine

Y. Le Mer, K. Marazova, S. Picaud

Introduction
Le vieillissement de la population mondiale entraîne une augmentation du nombre de personnes aveugles qui devrait doubler dans les 30 prochaines années [1]. La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est actuellement responsable de 1,8 million de patients aveugles et le glaucome de 3,6 millions de patients aveugles [2]. D'autres pathologies comme le diabète (0,86 million de patients aveugles) ou la myopie connaissent une forte augmentation du nombre de patients. La progression de la myopie est considérée comme une épidémie et cette cause de perte de vision entraîne des complications rétiniennes telles que décollement de la rétine, hémorragie, œdème, etc. [3].
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la cécité légale comme une acuité visuelle corrigée inférieure à 1/20. La DMLA entraîne la perte de photorécepteurs au centre de la rétine, la macula, qui assure notre vision précise et de haute acuité pour la lecture et la reconnaissance des visages. Si des thérapies existent pour la forme neurovasculaire ou DMLA exsudative, aucun traitement n'est encore disponible pour la forme sèche ou DMLA atrophique. Une dégénérescence des photorécepteurs se produit également dans de nombreuses dystrophies rétiniennes d'origine génétique conduisant à la cécité.
Dans le glaucome, la cécité résulte de la perte des cellules ganglionnaires de la rétine, qui forment le nerf optique avec leur axone. Le glaucome peut être traité avec des collyres ophtalmiques empêchant l'augmentation de la pression intraoculaire, un facteur de risque principal de la maladie. Cependant, la maladie reste souvent indétectable jusqu'à des stades très avancés.
La perte de cellules ganglionnaires rétiniennes se produit également dans de nombreuses autres maladies cécitantes, notamment la rétinopathie diabétique et les atrophies héréditaires du nerf optique. Malheureusement, ces maladies oculaires restent souvent non traitées et de nombreux patients deviennent aveugles chaque jour. Par conséquent, si les traitements préventifs sont absolument nécessaires, il est également indispensable de développer des stratégies restaurant une vision utile permettant la reconnaissance des objets, la locomotion indépendante et la reconnaissance des visages.
Dès les années 1960, Brindley et Lewin ont entrepris de redonner la vue à des patients aveugles [4]. Leurs travaux pionniers portant sur la restauration de la vision au niveau cortical sont fondés sur le fait que la représentation corticale du champ visuel est si étendue qu'elle permet l'implantation de centaine d'électrodes à la surface du cerveau avec un espacement de 2,4 mm. Les résultats ont été impressionnants, les patients décrivant la perception de phosphènes dans leur champ visuel avec une très bonne préservation de la rétinotopie. Les travaux ultérieurs de Dobelle et al. ont montré que les patients pouvaient reconnaître des formes, qu'il s'agisse de lettres en braille ou d'objets [5-6-7]. Malheureusement, cette vision récupérée est suivie d'une perte progressive qui ne permet pas d'utiliser cette technologie comme approche de rééducation avec le même succès que celui obtenu par les implants auditifs [8]. Des études récentes ont confirmé et accentué ces résultats [9 , 10].
Depuis les années 1990 et la miniaturisation des appareils électroniques, les restaurations visuelles se sont principalement concentrées sur la réactivation de la rétine résiduelle des patients ayant perdu leurs photorécepteurs. En effet, la perte des photorécepteurs laisse les cellules ganglionnaires de la rétine connectées au cerveau via le nerf optique. La première démonstration de faisabilité a été faite avec la production de phosphène chez cinq patients dont la rétine avait été stimulée à l'aide de petites sondes insérées à travers la sclère [11]. Ces cellules ganglionnaires ont ensuite été stimulées au niveau de leurs axones dans le nerf optique avec un manchon contenant des électrodes, ou en plaçant des électrodes sur la surface de la rétine pour stimuler directement les corps cellulaires de ces cellules ganglionnaires [11-12-13-14-15]. Les premières prothèses épirétiniennes ont démontré une perception du phosphène par le patient, même si la perception ne correspondait pas toujours aux schémas de stimulation [15 , 16]. Ces travaux pionniers ont établi la faisabilité de la restauration visuelle aux niveaux cortical et rétinien, permettant de traiter différentes formes de cécité en fonction des pathologies visuelles causales.
La récente révolution des biotechnologies a également eu un impact sur le domaine de la restauration visuelle. En effet, l'optogénétique a permis aux scientifiques de conférer aux neurones une sensibilité à la lumière, tandis que la sonogénétique leur confère une sensibilité aux ultrasons. Ces stratégies nécessitent des thérapies géniques pour insérer les codes génétiques des protéines bactériennes ou algales dans les neurones. Elles proposent ensuite de stimuler sans contact n'importe quel neurone grâce à des modèles de stimulation optiques ou ultrasonores.
Ce chapitre décrira les différents types d'interfaces cerveau-machine pour restaurer la vision, des dispositifs prothétiques aux interfaces optogénétiques et sonogénétiques plus récentes.
Restauration visuelle au niveau rétinien
Prothèses épirétiniennes
La société Second Sight a développé la première prothèse rétinienne à recevoir une autorisation de mise sur le marché (AMM) en Europe et aux États-Unis. Six patients atteints de dystrophie rétinienne ont d'abord été implantés avec le dispositif épirétinien Argus I® de première génération à 16 électrodes [17-18-19]. Le seuil électrique de génération d'un phosphène dépend fortement de la proximité électrode-tissu [17]. Ces implants épirétiniens comportent des électrodes placées au-dessus de la membrane limitante interne de la rétine pour stimuler les cellules ganglionnaires de la rétine, mais ils stimulent également les faisceaux d'axones, provoquant une perception visuelle arquée ou en forme de comète [16]. Les patients implantés avec Argus I® ont perçu de manière reproductible des phosphènes discrets et détecté des mouvements directionnels ainsi que des formes simples en réponse à une stimulation électrique [13 , 18 , 19].
Un implant épirétinien de deuxième génération, Argus II®, doté de 60 électrodes, a été évalué dans une large cohorte de patients atteints de dystrophies rétiniennes héréditaires. Cette prothèse épirétinienne contenait ainsi 60 électrodes (6 × 10) de 200 μm de taille et espacées de 575 μm [20 , 21]. Le réseau d'électrodes était relié à un boîtier électronique fixé autour de l'œil [20]. Une incision était donc nécessaire pour laisser passer les fils. Le boîtier électronique recevait les paramètres de stimulation à générer à partir d'un émetteur positionné sur les lunettes du patient, lui-même relié à un microprocesseur recevant les images visuelles d'une caméra placée sur les lunettes du patient [20]. Les patients implantés ont détecté des phosphènes au niveau d'électrodes individuelles, ont distingué de grandes formes lorsque plusieurs électrodes étaient stimulées et ont reconnu des stimuli simples présentés via une caméra. L'activation du dispositif leur a permis d'obtenir de meilleurs résultats aux tests visuels tels que la localisation d'objets, la discrimination de mouvements, les tests d'orientation et de mobilité en laboratoire, et d'améliorer leur qualité de vie liée à la vision [22 , 23]. Certains patients ont également pu identifier des lettres, des mots et même lire de courtes phrases à l'aide du dispositif [24]. Ces performances étaient très variables, car elles dépendaient du nombre d'électrodes réellement en contact avec la surface rétinienne et capables d'activer les cellules ganglionnaires rétiniennes à des seuils électriques bas.
Argus II® a été implanté chez plus de 350 patients aveugles atteints de dystrophies rétiniennes, dans le monde entier. Chez ces patients, la meilleure acuité visuelle corrigée a été mesurée à 20/1260 ou moins [23]. Ainsi, bien qu'Argus II® ait reçu la première homologation mondiale pour un dispositif de prothèse rétinienne et ait également été approuvé pour une utilisation commerciale en Europe (mars 2011) et aux États-Unis (février 2013), sa production a été arrêtée en 2019.
Prothèses sous-rétiniennes
Les prothèses sous-rétiniennes sont positionnées sous la rétine à la place des photorécepteurs, c'est-à-dire entre la couche nucléaire interne et l'épithélium pigmentaire rétinien au-dessus de la choroïde [25]. Elles ont été développées pour activer les cellules bipolaires présynaptiques aux cellules ganglionnaires et régénérer une activité plus naturelle, puisque ces cellules bipolaires reçoivent normalement leurs informations directement des photorécepteurs. Ces dispositifs sont constitués de systèmes photovoltaïques avec conversion de la lumière en activité électrique par des photodiodes et libération d'un courant électrique par une électrode.
L'implantation d'une telle prothèse sous-rétinienne implique un décollement local de la rétine avec une petite incision dans la rétine à travers laquelle le dispositif est glissé dans l'espace sous-rétinien. Cette chirurgie représente un défi majeur pour les rétines fragilisées par la maladie [26]. Les premières prothèses sous-rétiniennes ont été conçues pour être utilisées sans caméra externe, ni unité de traitement d'image, afin que le patient puisse profiter des mouvements oculaires pour localiser les objets [25].
Le premier dispositif sous-rétinien, qui contenait jusqu'à 5000 unités, était incapable d'activer la rétine du patient pour induire une perception visuelle [27]. Pour augmenter l'amplitude des courants libérés par l'appareil, le professeur Zrenner et son groupe ont introduit un circuit dans la puce électronique, mais sa présence impliquait une alimentation électrique et donc un câble le reliant à une batterie [28]. La batterie a été placée derrière l'oreille du patient, comme dans le cas des implants auditifs [28].
La distance à parcourir depuis la position sous-rétinienne de l'implant jusqu'à l'oreille explique la durée des interventions (> 6 heures) pour ces implants Alpha AMS® de la société allemande Retina Implant AG. Cette prothèse définitive, véritable micropuce, est composée de 1600 (40 × 40) pixels de 70 × 70 μm 2 . Des essais cliniques ont démontré une perception visuelle stable chez des patients profondément aveugles atteints de rétinopathie pigmentaire. Ces implants ont été les premiers à permettre à un patient de lire des lettres et même des mots [28-29-30], et ont amélioré sa qualité de vie au quotidien [28 , 30]. Malgré le nombre plus important d'électrodes par rapport à Argus II®, l'acuité visuelle restaurée avec Alpha IMS® n'était pas celle attendue et ne dépassait pas 20/546 [31]. Malheureusement, malgré l'AMM du dispositif en Europe, la variabilité des résultats des patients a conduit les compagnies d'assurance allemandes à refuser de rembourser le dispositif, entraînant le retrait du produit et l'arrêt des implantations.
Pour augmenter l'amplitude des courants délivrés par la puce photovoltaïque sans nécessiter d'alimentation par batterie, Daniel Palanker a proposé une stratégie alternative fondée sur une stimulation par lumière infrarouge de haute intensité [32]. Elle exploite la sensibilité infrarouge de la puce de silicium, mais nécessite une conversion d'image de la lumière naturelle en infrarouge avec la possibilité de rester dans la plage infrarouge de sensibilité de la puce. De plus, pour augmenter sa résolution spatiale, les électrodes individuelles ont été entourées d'une grille de masse [32], comme proposé précédemment dans une étude théorique [33 , 34]. Après la preuve de concept de cette stratégie chez les rongeurs [34], la société française Pixium Vision a produit cet implant rétinien de grade clinique, PRIMA® (2 mm de large, 30 μm d'épaisseur, avec 378 pixels). Son évaluation sur la rétine aveugle de primates non humains, à la fois ex vivo et in vivo, a confirmé sa sécurité et sa haute résolution spatiale pour restaurer la vue [35]. Cet appareil sans fil a permis de simplifier et d'accélérer la durée de l'intervention, qui a été limitée à 2 heures [36]. En comparaison, l'opération prenait environ 4 heures avec Argus II® [20] et 6 à 8 heures avec Alpha IMS® [30]. Contrairement aux dispositifs précédents, qui étaient implantés chez des patients atteints de rétinopathie pigmentaire aux stades finaux de la maladie, ces dispositifs prothétiques PRIMA® ont été implantés chez des patients atteints de DMLA atrophique avec un grand scotome central [36].
La vision prothétique avec PRIMA® a d'abord été testée avec des lunettes de réalité virtuelle opaques dans le domaine visible (PRIMA-1®), puis des lunettes de réalité augmentée transparentes (PRIMA-2®) ont permis aux patients de fusionner la vision infrarouge artificielle centrale avec leur vision périphérique naturelle [37]. Les résultats de la première phase de cette étude (NCT03333954) ont démontré une acuité prothétique comprise entre 20/460 et 20/550 (la plus élevée et la plus reproductible de tous les autres types de prothèses rétiniennes) et ont fourni la preuve que la vision prothétique se produit indépendamment de la vision naturelle restante [36 , 37]. Pour les implants avec une position optimale sous la rétine, cette acuité visuelle permettait aux patients de lire des lettres et même des mots [36]. Les implants se sont révélés sûrs avec une bonne biocompatibilité et stables dans le temps [38]. Une étude multicentrique (NCT04676854) est toujours en cours, la société Pixium Vision ayant été reprise par la société Science Corp.
Les résultats intermédiaires à un an ont été présentés dans plusieurs réunions internationales (Club Jules Gonin en mai 2024, Euretina à Barcelone en septembre 2024) : pour les 38 patients inclus, l'augmentation moyenne de la vision avec le système et l'utilisation libre du zoom est de 23 lettres (4,6 lignes ETDRS) avec le système actif, et la vision sans le système actif est identique à celle d'avant l'implantation [39].
Prothèses suprachoroïdiennes
Les prothèses suprachoroïdiennes sont implantées entre la choroïde et la sclère. Par conséquent, la rétine résiduelle est stimulée dans toute la choroïde et l'épithélium pigmentaire rétinien. Bien que cette approche soit considérée comme chirurgicalement moins risquée que les prothèses épi- et sous-rétiniennes, cette distance assez importante entre les électrodes de stimulation et les neurones rétiniens stimulés limite la précision et donc la résolution spatiale de la procédure. En raison de ces limitations, les implants comportent de grandes électrodes (environ 1 mm) et sont placés à la périphérie du champ visuel [40].
Le groupe Bionic Vision Technologies a réalisé un essai clinique (NCT01603576) dans lequel 3 sujets souffrant d'une perte de vision profonde due à une rétinopathie pigmentaire ont reçu un implant suprachoroïdien (19 mm × 8 mm) composé d'un réseau de 33 électrodes de stimulation et de deux grandes électrodes de retour de masse sur un support en silicone. Une troisième électrode de retour a été implantée en sous-cutané derrière l'oreille. Des perceptions de phosphène ont été obtenues chez les 3 sujets; une amélioration de la localisation de la lumière avec l'appareil allumé a été mise en évidence chez tous, et toutes les électrodes sont restées fonctionnelles pendant la période de suivi de 12 mois [40].
Le principal inconvénient de cette localisation suprachoroïdienne par rapport aux autres types de prothèses rétiniennes est leur très faible résolution spatiale liée aux très grandes électrodes, mais ces prothèses pourraient générer une vision périphérique basse résolution complémentaire aux autres implants dédiés à la vision centrale.
Perspectives sur les prothèses rétiniennes
Après ses premières prothèses sous-rétiniennes PRIMA®, le Pr Palanker a proposé une nouvelle organisation des électrodes qui peuvent être alternativement une électrode de stimulation ou une partie de la masse réduisant ainsi la taille de chaque unité [41]. L'utilisation de structures 3D pourrait encore améliorer cette haute résolution spatiale en séparant spatialement les électrodes de stimulation de la grille de masse [42-43-44-45-46-47-48].
D'autres ont également proposé des matériaux innovants pour produire des implants plus grands ou plus résolus. Par exemple, le Pr Benfenati a proposé des implants photovoltaïques organiques flexibles à base de polymères photosensibles linéaires [49 , 50] ou de nanoparticules [51].
Dans la controverse sur la photosensibilité de ces matériaux [52], le Pr Ghezzi a également tiré parti de ces polymères pour une application épirétinienne en réintroduisant des électrodes sur le matériau [53], une solution validée sur des miniporcs [54]. L'oxyde de titane a également été évalué pour sa photosensibilité en tant que matériaux d'implant [55 , 56].
Ces différentes approches reflètent la recherche de stratégies permettant d'améliorer la résolution spatiale des prothèses rétiniennes ou d'élargir leur couverture de la surface rétinienne.
Restauration visuelle au niveau cortical
Lorsque les patients perdent leurs cellules ganglionnaires rétiniennes en raison d'une atrophie du nerf optique, comme chez les patients atteints de glaucome, la restauration visuelle doit se faire par stimulation dans les centres visuels supérieurs tels que le thalamus ou le cortex visuel. Comme présenté dans l'introduction, les prothèses visuelles corticales ont été développées dans les années 1960 par Brindley et Lewin, qui ont réussi à induire des phosphènes dans le champ visuel [4]. Par la suite, une approche similaire a permis de localiser des objets et même de lire en braille [5 , 6]. Cependant, la vision récupérée n'était pas stable dans le temps et de nombreux défis restent encore à résoudre [57].
La nouvelle prothèse corticale Orion® de Second Sight est fondée sur les mêmes principes et a permis aux patients aveugles de lire des lettres en suivant le dessin séquentiel des points sur le cortex visuel à l'aide d'électrodes de surface (500 μm) espacées de 2 mm [9]. Là encore, cette stimulation séquentielle ne permet pas une vision dynamique, car dessiner une lettre prend plusieurs centaines de millisecondes. Il a été démontré que la stimulation dans la profondeur du cortex visuel provoque des phosphènes avec des amplitudes de courant plus faibles [58].
Ces résultats ont justifié l'utilisation de la matrice Utah, une matrice d'une centaine d'électrodes pénétrant dans le cortex. Dans une expérience remarquable [59], l'équipe de Pieter Roelfsema a utilisé de nombreux réseaux Utah pour enregistrer l'activité générée dans le cortex visuel d'un primate regardant une lettre sur un écran. En retirant la lettre de l'écran pendant une courte période, la lettre réapparaissait ensuite sur l'écran avec d'autres lettres, de sorte que l'animal était entraîné à générer une saccade visuelle vers la lettre qu'il venait de voir. L'animal était ainsi capable de signaler avoir vu une lettre. Ensuite, le cortex visuel de l'animal a été stimulé électriquement avec un schéma imitant l'activité enregistrée lorsqu'une lettre était présentée à l'écran et l'animal a signalé par son comportement visuel avoir perçu la lettre [59]. Dans ce cas, la lettre a été imprimée électriquement dans le cortex visuel simultanément sur tous les points. La reconnaissance de la forme a donc été dynamique et sans besoin de stimulation séquentielle.
Suite à cette étude sur des primates non humains, des patients aveugles ont été implantés avec les mêmes matrices Utah [10]. Les patients aveugles ont pu identifier différentes lettres suite à une stimulation électrique de leur cortex visuel. Ces expériences ont été limitées à une période de 6 mois, car l'implantation de ces matrices chez des primates non humains a conduit à une fibrose majeure du cortex visuel avec perte de la vision [60]. Ces résultats démontrent la faisabilité de générer une perception de forme par activation électrique simultanée dans la profondeur du cortex visuel, mais ils soulignent également la nécessité de développer une stratégie sans contact.
Conclusion
Les résultats des stratégies de restauration visuelle fondée sur les implants rétiniens ou corticaux sont encourageants, avec une place à définir au côté de stratégies d'optogénétique (voir chapitre 45-V).
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