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Caractéristiques épidémiologiques et facteurs pronostiques des uvéites pédiatriques sous traitement immunosuppresseur

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Orateurs :
Dr Natacha STOLOWY
Auteurs :
Dr Natacha STOLOWY
Emilie Zanin 2
Anne-Laure Jurquet
Corinne Benso
Alban Comet
Dr Marion CHAGNY
Dr Marie BEYLERIAN
Juliette Hugo 1
Frédéric Matonti 1
Daniele Denis
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Résumé

Introduction

Les immunosuppresseurs occupent une place capitale dans la stratégie thérapeutique chez l’enfant atteint d’uvéite non infectieuse chronique ou récidivante, réfractaire aux corticoïdes ou sévère. De nombreuses molécules sont à disposition et l’arrivée des biothérapies a permis de changer le pronostic fonctionnel de ces enfants. Cependant, l’attitude thérapeutique dans ces situations n’est pas encore consensuelle. L’objectif de l’étude était d’évaluer les caractéristiques épidémiologiques et cliniques et le profil thérapeutique de ces enfants et d’identifier les facteurs pronostiques influençant l’efficacité du traitement immunosuppresseur.

Patients et Methodes

Une étude observationnelle rétrospective monocentrique a été réalisée dans les services d’ophtalmologie et de pédiatrie de l’hôpital Nord à Marseille. Les patients de moins de 18 ans hospitalisés en pédiatrie pour bilan ou prise en charge d’uvéite, ou suivis en consultation spécialisée d’uvéite entre janvier 2013 et juin 2019 ont été inclus dans l’étude.

Résultats

40 enfants ont été inclus. Les uvéites étaient antérieures dans 52.5 % des cas, panuvéites dans 32.5 % des cas et intermédiaires dans 15 % des cas. Les principales entités étaient les uvéites idiopathiques (47.5 %), l’arthrite juvénile idiopathique (AJI) (30 %), la sarcoïdose (7.5 %) et les uvéites HLA-B27 (7.5 %). 28/40 (70 %) enfants étaient dans le groupe non-AJI. Les différents traitements utilisés dans notre cohorte étaient : le méthotrexate (28/40 enfants), l’adalimumab (18/40), l’association méthotrexate/ adalimumab (8/40), l’azathioprine (4/40), l’infliximab (2/40), le mycophénolate mofétil (2/40) et l’étanercept (2/40). Le traitement le plus efficace était l’association méthotrexate/ adalimumab (75 % d’efficacité, 25 % d’efficacité initiale avec rechute et aucun échec) ; le traitement en monothérapie le plus efficace était l’adalimumab (66.7 % d’efficacité, contre 39.3 % pour le méthotrexate et 0 pour l’azathioprine) (p = 0.049). La tolérance était bonne avec un arrêt du traitement chez 3 enfants sous méthotrexate à cause d’une cytolyse hépatique, chez un enfant sous adalimumab pour la survenue d’une rhabdomyosarcome testiculaire et chez un enfant sous azathioprine pour nausées invalidantes. Pour le méthotrexate, les facteurs de bon pronostic d’efficacité étaient le type uvéite intermédiaire et l’étiologie sarcoïdose. Les facteurs de mauvais pronostic étaient l’instauration du traitement en 3ème ligne et l’âge au diagnostic. L’adalimumab avait un délai d’amélioration plus court dans les uvéites antérieures mais de manière non significative.

Discussion

L’épidémiologie de notre cohorte était concordante avec celle décrite des uvéites pédiatriques avec une majorité d’uvéites antérieures et d’uvéites idiopathiques ou associées à une arthrite idiopathique. Nous avions une quantité importante de panuvéites du fait du caractère chronique ou sévère des uvéites recrutées. L’analyse pronostique permet de mettre en évidence des différences d’efficacité en fonction du type anatomique d’uvéite, de l’étiologie et de la précocité d’instauration du traitement.

Conclusion

Les immunosuppresseurs permettent un contrôle de l’inflammation dans les uvéites pédiatriques non infectieuses réfractaires. L’adalimumab associé au méthotrexate ou en monothérapie est un traitement avec une bonne efficacité et une bonne tolérance chez ces enfants.