Des mutations sur CDH3 conduisent à une dystrophie maculaire associée à des altérations des phanères réunies sous le terme de d’hypotrichose avec dégénérescence maculaire juvénile. L’objectif de notre étude est de rapporter les caractéristiques cliniques et génétiques de 5 cas identifiés dans la large cohorte de dystrophies rétiniennes suivies au centre de maladies rares REFERET des 15-20.
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Caractéristiques phénotypiques d’une cohorte de patients atteints de maculopathie liée à CDH3
Introduction
Matériels et Méthodes
Les données collectées incluaient l’acuité visuelle, l’électrorétinogramme global (ERG) et l’imagerie rétinienne multimodale (rétinophotographie, imagerie en autofluorescence du fond d’œil, tomographie en cohérence optique spectral domain (OCT)). Les régions codantes et flanquantes de CDH3 (NM_001793.5) ont été analysées par séquençage Sanger.
Résultats
Notre base de données de génétique a permis d’identifier 5 cas de maculopathie associée à une hypotrichose et porteurs de variants biallélique sur CDH3.
L’âge moyen est de 34,2 ans (7 ans – 57 ans) et l’acuité visuelle décimale moyenne du meilleur œil de 0.45 en équivalent Snellen. Une maculopathie caractéristique à base triangulaire bilatérale et symétrique est observée chez l’ensemble des patients de la cohorte. L’OCT révèle un amincissement de la rétine externe centrale. En autofluorescence, on note une hypoautofluorescence maculaire cernée d’un liseré hyperautofluorescent. Une épargne fovéolaire est constatée chez la patiente la plus jeune.
L’électrorétinogramme global était dans les limites de la normale chez 2 patients ou montrait une diminution des réponses en amplitude et retardées dans les conditions scotopique et photopique.
Les variants retrouvés sur CDH3 comprenaient deux variants faux sens, dont un nouveau, un nouveau variant d’épissage, un nouveau variant non-sens, une nouvelle duplication et une délétion connue, ces derniers variants conduisant à une protéine tronquée ou à l’absence de protéine.
Discussion
Notre étude étend le spectre des mutations décrites sur CDH3 et souligne le caractère très particulier du phénotype maculaire associé à cette pathologie rare.
Conclusion
Des études longitudinales permettront de mieux documenter la progression de la maculopathie et de la dysfonction rétinienne globale afin d’optimiser la prise en charge des patients.