La taille de la pupille et l'aberration cornéenne varient considérablement au sein de la population des patients atteints de la cataracte. L'aberration cornéenne, en particulier, peut être altérée par des chirurgies réfractives antérieures. De plus, les conditions d'éclairage peuvent entraîner des variations de la taille de la pupille au cours de la journée chez un même patient. L'impact de ces éléments n'est pas bien connu, car ils compliquent de manière significative l'évaluation de la qualité optique des lentilles intraoculaires in vitro. Dans cette étude, notre objectif est de mettre en évidence la variabilité de la qualité optique due à ces facteurs et de montrer que la classification bien connue des implants premium peut être perturbée par ces facteurs.
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Effet de la Taille de la Pupille et des Aberrations Sphériques Cornéennes sur les Performances Optiques des Implants Premium
Introduction
Matériels et Méthodes
L'acquisition de données de front d'onde a été réalisée in vitro pour plusieurs types de lentilles intraoculaires (LIO), notamment Eyhance (Johnson & Johnson), Isopure (BVI), Luxsmart (Bausch & Lomb), RayOne EMV (Rayner), Vivity IQ (Alcon), ATLara (Zeiss), RayOne trifocal (Rayner), PanOptix (Alcon), Finevision (BVI) et ATLisa Tri (Zeiss). Ces données ont été obtenues à l'aide du système NIMO TEMPO (Lambda-X, Nivelles, Belgique). Des courbes de la fonction de transfert de modulation (FTM) en fonction de la profondeur de champ ont été calculées pour 168 modèles numériques synthétiques de l'œil, avec des ouvertures variant de 2 à 5,5 mm (par incréments de 0,5 mm) et des aberrations sphériques cornéennes s'étendant de -0,49 à 0,91 µm (par incréments de 0,07 µm).
Résultats
Chaque implant prémium réagit différemment en fonction des conditions optiques. Par exemple, la LIO Trifocal FineVision affiche une courbe de FTM en fonction de la profondeur de champ à 2 mm qui ressemble à celle d'une lentille à profondeur de champ étendue (EDOF), avec une mise au point fortement étendue à une fréquence de 50 lp/mm. De plus, la FTM à des fréquences plus basses ne présente pas les trois points focaux typiquement observés dans les lentilles trifocales. De plus, nous avons observé que la plupart des lentilles EDOF se comportent comme des lentilles monofocales dans un modèle présentant une aberration sphérique cornéenne positive.
Discussion
Les classifications actuelles des lentilles EDOF et multifocales sont établies à partir de données in vitro obtenues avec des modèles présentant peu de variabilité de taille de pupilles (généralement 3 mm et 4,5 mm) et des cornées ne présentant pas d'aberrations sphériques ou une aberration sphérique moyenne de la population (0,28 µm). En réalité, l'évaluation optique est complexe, avec une superposition des catégories de classification due à l'interaction complexe entre les conditions d'évaluation et les caractéristiques uniques de chaque lentille.
Conclusion
Des modèles in vitro intégrant la taille de la pupille et les aberrations sphériques de la cornée sont essentiels pour une meilleure compréhension de la classification des implants premium et de la variabilité des résultats in vivo.