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Évaluation de l’application Odysight® après 1 an de mise à disposition en cabinet libéral

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Orateurs :
Dr Benedicte DUPAS
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Résumé

Introduction

L’objectif de cette étude est d’évaluer les performances de l’outil d’auto-surveillance de l’acuité visuelle Odysight (Tilak Healthcare, Paris, France), dans le cadre de maculopathies chroniques suivies en cabinet libéral, en prévention primaire et secondaire.

Matériels et Méthodes

Étude prospective d’évaluation en vie réelle de l’application mobile Odysight, au cours de la première année d’utilisation, menée entre le 1er octobre 2022 et le 15 octobre 2023 au centre ophtalmologique Sorbonne Saint-michel, Paris 5e, France.

Résultats

92 patients (moyenne d’âge 67 ± 14 ans) ont reçu une prescription Odysight au cours des 12 mois de l’étude. 70 patients (75%) ont téléchargé l’application, et 44 de ces 70 patients (63%) patients (âgés de 67.1 ans [35-92]) ont effectué plus de 2 tests d’acuité visuelle et ont donc été inclus dans l’analyse finale (soit 48% de la cohorte initiale). 69 yeux de 44 patients ayant un âge moyen de 67,1 ans [35-92] ont été étudiés.  Les 70- 80 ans constituaient la tranche d’âge la plus représentée (36%) suivis des 60-70 ans (25%). Les pathologies représentées étaient la DMLA (37 yeux soit 53%), l’occlusion veineuse (13 yeux soit 18,8%), la rétinopathie diabétique (9 yeux soit 13%, et la myopie forte (6 yeux soit 8,6%). Le meilleur taux de conversion (téléchargement et utilisation du logiciel) était observé chez les patients atteints d’OVR (65%), suivis des myopes forts (50%) et des patients avec DMLA (50%).  Le taux de conversion était faible chez les patients diabétiques (27.8%). A la fin de l’année écoulée, il restait 25 patients actifs soit 60% de la cohorte incluse. Parmi les 17 alertes générées, 7 ont permis de détecter une baisse visuelle en rapport avec une récidive exsudative en OCT ayant conduit à une IVT. La sensibilité globale pour la détection d’une récidive était de 38.9%, la spécificité de 93,1%, la valeur prédictive positive était de 23,3%, la valeur prédictive négative était de 96,6%. La sensibilité par pathologie était meilleure pour les occlusions veineuses (55%), et la myopie forte (50%), alors qu’elle était nettement inférieure pour la DMLA (14.3%). L’l’utilisation en prévention primaire, révélait une sensibilité de 100% (95% CI [20.7 ; 100.0]), contre 35.3% (95% CI [17.3 ; 58.7]) en prévention secondaire. La valeur prédictive négative était de 100% (95% CI [97.0 ; 100.0]) en prévention primaire, et de 94.5% (95% CI [90.5 ; 96.9]) en prévention secondaire.  La valeur prédictive positive était faible dans les 2 types de prévention (12.5% (95% CI [2.2 ; 47.1]) vs 27.3% (95% CI [13.2 ; 48.2]). 

Discussion

L’efficacité d’Odysight est conditionnée par le type de pathologie, et  la motivation du patient. L'OVR et la myopie forte semblent être particulièrement adaptées à l’usage d’Odysight. L’utilisation chez le patient diabétique semble ici plus délicate, notamment en raison d’une compliance moindre, et de la faible corrélation anatomo-fonctionnelle dans l'oedème diabétique. En DMLA, la sensibilité pour détecter une récidive exsudative est faible en prévention secondaire, et de nombreux faux positifs sont générés. Il paraît donc intéressant de l’utiliser en prevention secondaire: i) lors de l’espacement des IVT au-delà de 4 mois  Ii) pour la détection des happy few au sortir de la phase d’induction iii) en prévention primaire chez les patients avec MLA

Conclusion

Odysight est limitée en prévention secondaire dans la DMLA mais efficace dans l'OVR. Elle ouvre la perspective d’apporter une sécurité supplémentaire en prévention primaire, dans la MLA, l'OMD et la myopie forte. La sélection initiale des patients et le rappel d’utilisation durant le suivi sont fondamentaux pour garantir une utilisation optimale de l’outil.