Name
Incidence et facteurs de risque de bilateralisation des trous maculaires

Merci de vous identifier pour accéder à ce contenu.

Je me connecte  


Orateurs :
Mme Laure CANIZARES
Tags :
Résumé

Introduction

Le but principal de cette étude était d’estimer le risque de développement d’un trou maculaire dans l’œil adelphe de patients atteints de trou maculaire unilatéral, ainsi que d’identifier les facteurs de risque de bilatéralisation. On a également étudié les différences de pronostic entre le premier et le deuxième œil atteints de trou maculaire, notamment en termes d’acuité visuelle et de taux de fermeture chirurgicale. 

Matériels et Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective sur dossiers de patients opérés de trou maculaire à l’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild. On a recueilli les caractéristiques de l’interface vitréorétinienne des yeux adelphes des patients pouvant avoir un impact sur la survenue d’un deuxième trou maculaire (comme la présence d’une membrane épirétinienne ou d’une traction vitréomaculaire) ou témoignant de la survenue d’un décollement postérieur du vitré avec une interface vitréorétinienne pathologique (comme la survenue d’un trou lamellaire).  

Résultats

Sur  246 yeux inclus, 16 (6.5%) ont développé un trou maculaire dans l’œil adelphe pendant une période moyenne de suivi de 30.5±29.9 mois. Le risque cumulatif était  de 4% à 1 an et 12% à 5 ans. Ce risque était considérablement augmenté en cas de traction vitréomaculaire, passant à 23% à 1 an et 30% à 2 ans. 

Discussion

Les yeux atteints de traction vitréomaculaire avaient donc un risque multiplié presque par 4 de développer un trou maculaire, et de plus, ce trou maculaire survenait de manière plus précoce qu’en l’absence de traction vitréomaculaire. Aucun des yeux dont le décollement postérieur du vitré était complet n’ont développé de trou maculaire. Les patients atteints de myopie forte avaient un risque de bilatéralisation diminué (0% vs 19.7%, p=0.04). L’acuité visuelle au dernier examen ainsi que le taux de fermeture chirurgicale n’étaient pas significativement différentes entre le premier et le deuxième œil en cas de bilatéralisation. 

Conclusion

Le risque de survenue d’un trou maculaire dans l’œil adelphe était de 12% à 5 ans. Les principaux facteurs de risque de bilatéralisation sont la présence d’une traction vitréomaculaire et l’absence d’un décollement postérieur du vitré complet. Les patients atteints de myopie forte semblent moins à risque de développer un trou maculaire dans l’œil adelphe.