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La cataracte cortisonique chez l’enfant : Epidémiologie et Moyens de prise en charge

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Orateurs :
Meriem El alami
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Résumé

Introduction

Les corticostéroïdes sont largement utilisés en ophtalmologie, cependant leur utilisation prolongée locale ou générale est responsable des effets secondaires.

La cataracte cortisonique constitue la seconde complication oculaire menaçant le pronostic visuel après le glaucome cortisonique.

Le but de ce travail est d’analyser le profil épidémiologique, clinique et thérapeutique de cette pathologie pour établir une meilleure et prise en charge et optimiser les moyens de prévention.

Matériels et Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 25 cas de cataracte cortisonique, colligés au service d’ophtalmologie pédiatrique de l’Hopital 20 Aout de Casablanca, du janvier 2018 au Janvier 2022.

Résultats

L’âge moyen des patients était  de 12 ans avec une prédominance masculine (59%). La voie d’administration locale a été retrouvée chez 80% des cas. La voie générale chez 10% et mixte (orale et local) chez 10% des cas. Il s’agit le plus souvent d’une conjonctivite allergique avec automédication (80% des cas). La dexamétasone est le corticoïde le plus incriminé utilisé le plus souvent par voie locale (78% des cas), sur une durée moyen de 4 ans.

L’examen a objectivé une cataracte bilatérale dans 88% des cas, le type de cataracte était sous capsulaire postérieure dans 88%% et totale blanche dans 12% de cas. 20% des malades présentaient un glaucome cortisonique.

La prise en charge thérapeutique a consisté en l’arrêt  immédiat de la corticothérapie locale ou générale, sauf  s’il s’agissait  d’une maladie inflammatoire chronique nécessitant son maintien. Tous les patients ont bénéficié d’une phacophagie avec mise en place d’un implant artificiel dans la chambre postérieure, l’évolution post opératoire était bonne avec une amélioration de l’acuité visuelle.

Discussion

Plusieurs voies d’administration des corticostéroides sont possibles. Cependant leur utilisation chronique, locale ou générale est responsable d’effets secondaires multiples. Ces complications peuvent menacer le pronostic visuel, et devenir plus graves que la maladie initiale elle-même. 

La cataracte cortisonique est une cataracte secondaire iatrogène d’origine pharmacogène due aux dérivés cortisones. Le délai d’apparition et la rapidité de survenue sont très variable et significativement liés à la dose totale cumulée et à la durée d’administration des corticoïdes.

L’association cataracte-glaucome cortisoniques est fréquente. Dans ce cas, le pronostic est très réservé et le pronostic visuel est mis en jeu. Du point de vue thérapeutique, l’arrêt  de la corticothérapie est la première mesure à entreprendre. Le traitement est uniquement chirurgical quand la gêne fonctionnelle est présente chez le patient.

 

Conclusion

Les complications ophtalmologiques d’une corticothérapie prolongée sont nombreuses et graves, d'où l'intérêt de la lutte contre l’automédication par des corticoïdes, ainsi que de l’importance d’une prescription bien réfléchie et d’un suivi rigoureux.