Analyse et évaluation de la prédictibilité des formules de calcul d’implant intra oculaire après chirurgie réfractive : KR, PKR, LASIK et implants phakes.
Name
Prédictibilité du calcul d’implant intraoculaire après chirurgie réfractive
Introduction
Patients et Methodes
Etude observationnelle rétrospective monocentrique (CHU Brest) de cas consécutifs entre janvier 2012 et décembre 2016 qui a inclus 82 yeux de 48 patients ayant reçu l’implant diffractif bifocal AT Lisa (Zeiss) après avoir bénéficié d’une chirurgie réfractive. Pour chaque œil, répartis au sein de 3 groupes (KR, implant phake, PKR/LASIK), la prédictibilité réfractive de nombreuses stratégies de calcul d’implant intraoculaire (dont celles du site de l’ASCRS) a été analysée en termes d’erreur absolue moyenne et de pourcentage d’yeux avec une prédictibilité sous les 0,5D. Une analyse statistique par comparaison multiple et test post-hoc avec correction de Bonferroni a été conduite.
Résultats
Dans le groupe KR, ce sont les formules Average ASCRS, Holladay 1 DK et Barrett TK qui offrent la meilleure prédictibilité en termes de MAE. Les méthodes du K-1 en SK et DK sont nettement moins performantes bien que la différence ne soit pas significative. Pour le groupe implant phake, les formules de 4ème et 5ème génération ont une meilleure MAE que celles de 3ème génération avec une performance remarquable de la Hill-RBF. La encore le seuil de significativité n’est pas atteint. Dans le sous groupe PKR/LASIK avec histoire réfractive, la formule de Masket suivie de la Barrett TK et l’Average ASCRS dominent en termes de MAE. La méthode de l’histoire clinique est la moins performante du groupe. La Masket est statistiquement différente de ses concurrentes directes (MAE) et sur la méthode de l’histoire clinique (yeux < 0,5D).
Pour le sous groupe avec histoire réfractive, c’est les formules Kiol DK, Average ASCRS et Haigis-L qui se démarquent au détriment de la méthode du K-1 et de la formule de W-K-M. Le seuil de significativité n’est atteint que pour la formule Kiol DK.
Discussion
Bien que n’ayant pas obtenu la significativité statistique, cette étude montre la faiblesse de la méthode du K-1 et de la méthode de l’histoire clinique face aux dernières formules de calcul d’implant après chirurgie réfractive. Si des comparaisons entre la méthode du K-1 et d’autres stratégies sont difficiles à trouver dans la littérature, la méthode de l’histoire clinique est régulièrement désignée comme imprécise. Elle ne devrait plus être qualifiée de « gold standard ». Du reste, certaines formules du site de l’ASCRS paraissent montrer une performance en termes de prédictibilité nettement plus importante que d’autres, ce qui est confirmé par d’autres études. Afin d’obtenir une preuve statistiquement significative, la réalisation de méta-analyses serait intéressante.
Conclusion
Compte tenu des résultats de cette étude et des études similaires parues dans la littérature, nous pouvons proposer de privilégier le résultat de certaines formules de calcul d’implant après chirurgie réfractive selon les groupes. L’identification de ces stratégies permettra au chirurgien ophtalmologue d’améliorer sa prédiction réfractive sur ce terrain difficile et de réduire son taux d’explantation pour erreur réfractive.