Name
Revue mondiale des pratiques d'entraînement sur simulateur de réalité virtuelle en ophtalmologie

Merci de vous identifier pour accéder à ce contenu.

Je me connecte  


Orateurs :
Dr Léa DORMEGNY
Tags :
Résumé

Introduction

La place des simulateurs de réalité virtuelle (SRV) dans l’apprentissage de la chirurgie ophtalmologique est devenue grandissante au cours de la dernière décennie. En effet, l'entraînement sur SRV permettrait de réduire le risque de complications opératoires chez les apprenants (1). Certains centres imposent même un seuil d’entraînement obligatoire sur SRV avant d’autoriser les internes à opérer. Néanmoins, les programmes d'entraînement utilisés diffèrent grandement d'un pays à l'autre et même d'un centre à l'autre et plusieurs SRV existent pour l'entrainement à la chirurgie ophtalmologique, avec répartition mondiale différente. Le simulateur Eyesi VR Magic (EVR) est disponible sur le marché et plutôt utilisé dans les pays développés, alors que le simulateur HelpMeSee (HMS) est utilisé dans les pays en voie de développement, sous dotés en ophtalmologues, en réponse à une forte demande.

L'objectif de cette étude était d'enquêter sur les modalités d'utilisation des SRV pour la formation des chirurgiens ophtalmologues auprès des centres équipés. 

Matériels et Méthodes

Une enquête en ligne de 40 questions a été envoyée à l'ensemble des centres équipés d'un SRV pour l'éducation chirurgicale en ophtalmologie. Les résultats intermédiaires de cette enquête, toujours en cours, sont présentés ci-dessous.

Résultats

A ce stade, 72 participants issus de 9 pays différents sur 3 continents (Europe, Amérique et Asie) ont répondu à l'enquête. La moitié étaient des médecins, l'autre moitié des internes. L'accès au simulateur EVR était le plus répandu (75%), principalement avec le module de phacoémulsification, devant HMS (32%), principalement avec le module MSICS. Un accès permanant au simulateur était rapporté dans 70% des cas, une supervision permanante dans 50% des cas, majoritairement par des chirurgiens ou internes de niveau supérieur. Les participants avaient réalisé en moyenne 91+/-135 heures de simulation. L'entrainement sur simulateur faisant partie intégrate de la formation chirurgicale dans 42% des cas, avec la définition d'un "permis d'opérer" dans 28% des cas avant de pouvoir aller au bloc opératoire. L'obtention du permis reposait principalement sur le score atteint après un entraînement défini sur EVR (aucun paramètre précisé sur HMS). 40% des participants non soumis à un permis d'opérer avaient un avis très favorable pour la généralisation d'un tel permis. 

Discussion

Ces résultats intermédiaires montrent que malgré un volume d'entraînement sur SRV important (91 +/- 135 heures), leur utilisation semble peu structurée. En effet, l'accès libre permanant semble privilégié par rapport à la supervision par des experts. Les études d'efficacité et de validité des SRV étant basées sur des entrainements structurés, il serait intéressant d'évaluer les effets d'une utilisation en vraie vie, comme cela a déjà été proposé pour l'évaluation de la performance du capsulorhexis sur l'EVR (2). Le permis d'opérer était peu utilisé (28% des cas), avec une définition propre à chaque centre et uniquement détaillée pour l'EVR. Une harmonisation de l'exigence de niveau recquis pour obtenir un permis d'opérer, ainsi qu'une définition de l'équivalence de niveau entre les différent SRV permettrait d'harmoniser la formation sur simulateur avant d'opérer des patients.

Conclusion

Les modalités d'utilisation des SRV diffèrent grandement dans le monde, avec un encadrement variable et une définition inhomogène des paramètres retenus pour autoriser les internes à opérer. Une harmonisation des pratiques permettrait d'assurer la reproductibilité des entraînements et probablement d'améliorer la sécurité des patients.